Des gens ordinaires ...

Monsieur et Madame Georges, un couple de gens très simples, étaient concierges...

Sauvetage de Juifs par des gens ordinaires

Les concierges, Monsieur et Madame Georges, vivaient là paisiblement malgré quelques prises de bec avec des mégères. Lui parlait très peu, et surtout par borborygmes; on le comprenait à peine. Sa femme, elle, était plus bavarde, mais s'exprimait par onomatopées bougonnes. Ces deux-là, qui ne payaient pas de mine et pouvaient même passer pour désagréables, agissaient en êtres humains.
Non seulement ils n'ont dénoncé personne, alors que cette pratique aurait pu leur rapporter de l'argent, mais encore, dès qu'ils étaient au courant d'une descente de police, ils prévenaient les gens et frappaient aux portes d'une manière convenue pour qu'ils n'ouvrent pas. Grâce à leur attitude, la plupart des Juifs de l'immeuble ont pu survivre à la tourmente. Monsieur et Madame Georges mériteraient de figurer au panthéon des Justes.

Monsieur et Madame Georges, un couple de gens très simples, étaient concierges au 17-19, passage Eupatoria, dans le XX' arrondissement de Paris. Côtoyant des ouvriers français, de nombreux immigrés juifs avaient trouvé à se loger là; c'était moins cher qu'ailleurs ! Au fur et à mesure que la guerre progressait et que se multipliaient les mesures contre les Juifs et les arrestations, on voyait arriver de nouveaux locataires dans des chambres louées sous le nom d'amis non juifs. Mon propre père s'était réfugié là après son évasion du camp de Pithiviers, en août 1941. L'immeuble était truffé de Juifs.