Les Tigres volants... Des risque-tout

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reporter
Les premiers Tigres Volants venaient de beaucoup d'horizons: de l'armée, de la marine et du corps des Marines. Ne rêvant que plaies et bosses, ils s'empressèrent de s'engager dans le Groupe des volontaires américains, «excellente occasion de faire réellement l'expérience du combat», disait en 1941 un agent recruteur, qui ajoutait: « Et, en plus, ça rapporte gros». La solde était considérable pour l'époque: 600 à 750 dollars par mois — le prix d'une petite automobile — plus une prime de 500 dollars par avion ennemi abattu. Cependant, un bon quart de ces amateurs d'émotions fortes ne s'étaient même pas enquis du montant de cette somme au moment où ils s'engagèrent.

Répartis en trois escadrilles — les Anges de l'Enfer, les Ours Pandas, les Adam et Eve — les pilotes ne demandaient qu'à se battre. Pour impressionner l'ennemi et lui donner l'illusion qu'il avait affaire à des forces très importantes, ils modifiaient les matricules inscrits sur les fuselages et repeignaient fréquemment en des tons différents le nez de leurs P-40. Ces stratagèmes atteignirent si bien leur but qu'en automne 1942 la radio de Tokyo parla de détruire les 200 chasseurs de l'escadrille qui, à l'époque, n'en comptait que 29!
Au sol, les Tigres vivaient comme bon leur semblait. La discipline était réduite au minimum; ils ne revêtaient la tenue que pour les circonstances officielles, notamment les cérémonies funèbres. Quand ils n'étaient pas en mission, ils chassaient le tigre en Birmanie ou le canard à K'ouenming, dormaient dans la salle d'alerte, menaient joyeuse vie dans les bars de Rangoon, fredonnaient des chansons de corps de garde ou jouaient au poker avec Chennault, qui réussissait à les battre.

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