Des racines sociales différentes...

AccueilAccueil
reporter
Tout dans les racines sociales sépare les deux futurs dictateurs. Adolf Hitler a vu le jour dans un milieu de fonctionnaires impériaux de la Basse-Autriche; Iossif Djougachvili est né, lui, d'une famille de paysans illettrés fraîchement libérés du servage. Le premier n'aura abandonné le lycée que pour échouer deux fois de suite au concours d'entrée à l'académie des Beaux-Arts de Vienne l'un des grands traumatismes de son existence. Le chancelier du Reich n'a connu la misère qu'en dilapidant l'héritage familial à jouer les «grands artistes méconnus» dans la capitale autrichienne entre 1908 et 1913.

Enfance malheureuse, coups assénés par un père alcoolique violent et primitif, humiliations en tout genre, tel fut au contraire le pain quotidien de Staline avant son entrée en 1894 au séminaire de théologie orthodoxe russe de Tiflis (Tbilissi).
Ce sont les sacrifices de sa mère qui ont ouvert à Iossif les portes de cet établissement. L'endroit est voué à une discipline sévère mais à ce prix, pense la pieuse et dévouée Ekaterina Djougachvili, son fils pourra acquérir les bribes d'éducation qui lui manquent si cruellement. En fait, mises à part deux premières années d'un relatif épanouissement, l'adolescent à la petite taille (il ne dépassera jamais 1,62 m) se renfermera sur lui-même, prompt à se plonger dans la lecture, précoce dans l'art de dissimuler ses véritables sentiments.
Jusqu'à son éviction en 1899, comme Hitler, sans le moindre diplôme, Staline va s'initier aux doctrines révolutionnaires marxistes qui sont monnaie courante au séminaire. Certains historiens pensent que le futur maître de l'Union soviétique se serait imprégné à ce moment de cette lourde philosophie qui fera de ses écrits politiques ultérieurs une transposition monotone du catéchisme religieux: question, réponse, nouvelle question. À ses yeux, la révolution ne sera désormais qu'affaire de dogme et de soumission aveugle à une vérité préétablie.
Cinq années derrière les murs du séminaire ont fait de ce gamin taciturne qui se rêvait sous les traits de Koba, personnage romanesque sorte de Robin des Bois géorgien, un fanatique, rebelle d'autant plus farouche à l'ordre établi qu'il n'a plus rien à perdre. Koba sera son premier pseudonyme de clandestin. C'est plus tard qu'il choisira celui de Staline: l'Homme de fer. Tout un programme.

la jeunesse de hitler
jeunesse de staline