L'audace d'un néophyte

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Cette guerre, Hitler espérait bien qu'elle ne serait pas mondiale. Il comptait régler le cas de la Pologne sans réaction effective de la France ni de l'Angleterre, et la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 l'a laissé déconcerté car il ne s'estimait pas encore prêt pour faire la guerre à l'ouest. Il ,a déclaré à plusieurs reprises, et notamment le 23 mai 1939, devant tous les grands chefs, qu'il attendait la guerre pour 1943-1944. Il avait tenu à Mussolini des propos analogues. C'est ce qui explique son offensive de paix du mois d'octobre 1939, après la fin des opérations en Pologne, comme aussi les consignes restrictives qui ont été initialement données à la Kriegsmarine à l'égard des navires de commerce français, Hitler se berçant toujours de l'espoir que la France ne ferait pas la guerre pour de bon.
Le plan de guerre contre la Pologne, dressé à partir d'instructions très détaillées données par Hitler lui-même, s'est révélé très efficace. En revanche, et ceci prouve bien à quel point Hitler ne croyait pas vraiment que la France se battrait, il n'existait pas de plan d'opérations à l'ouest. C'est seulement en constatant l'échec de son offensive de paix que Hitler a donné l'ordre de lui présenter dans les plus brefs délais un plan d'attaque. Celui qu'on lui apporta et qui devait être exécuté vers le 11 novembre 1939 si le mauvais temps ne l'avait contrarié, n'était qu'une assez médiocre réplique du plan Schlieffen de 1914... Celui que, d'ailleurs, attendait le commandement français et pour lequel il s'était préparé. Malheureusement pour nous, de remise en remise, l'offensive allemande sur le front Ouest ne fut déclenchée que le 10 mai 1940. Les plans s'étaient améliorés entre-temps...

Il a fallu toute l'audace d'un néophyte en matière stratégique pour imposer à un état-major récalcitrant le plan d'invasion de la France une percée de blindés par des Ardennes estimées infranchissables, combinée avec un enveloppement du plus gros des forces alliées par les Pays-Bas et la Belgique. Remis une quinzaine de fois, le coup de faux des Ardennes est une réussite totale, isolant dans une vaste poche les forces françaises avancées en Belgique.
De ce moment, Hitler passe auprès des siens pour un génie militaire insurpassable. Mais ce qui lui manque en réalité, c'est une vision stratégique et politique sur le long terme.

hitler et la pologne
hitler-ardennes-1940