Une frontière infranchissable

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reporter
EN mai 1942, après que les Japonais eurent impitoyablement chassé les forces britanniques de Birmanie, un officier appartenant à l'état-major de la XVe armée japonaise, le colonel Hiroshi Hashimoto, reçut l'ordre d'aller reconnaître la région frontalière entre l'Inde et la Birmanie, afin de rendre compte des possibilités d'une contre-offensive britannique. Pendant tout un mois, Hashimoto explora la région frontalière; il la survola plusieurs fois, en avion, et il découvrit qu'elle consistait en une longue chaîne de montagnes recouvertes par la jungle, formant une impénétrable barrière de plus de trois cents kilomètres de largeur. Dans cette contrée sauvage, il n'existait pratiquement pas de routes.
Les rares pistes conduisant vers l'Assam se frayaient péniblement un chemin tortueux sur des pentes impossibles, plongeaient dangereusement dans de profonds défilés et, en d'innombrables points, ces pistes étaient coupées par des rivières à régime torrentiel, souvent encaissées au fond de gorges abruptes et rarement pourvues de ponts ou de passerelles. Le massif montagneux qui occupe la frontière indobirmane est formé de plissements parallèles s'allongeant du nord au sud et, par voie de conséquence, les rivières qui creusent leur lit à travers ces massifs ont leur cours orienté dans la même direction. Cet ensemble constituait donc un formidable rempart entre les forces japonaises et le territoire indien.

Il n'est donc pas surprenant qu'Hashimoto, après avoir soigneusement étudié le terrain, ait rapporté à son supérieur, le général Haruki Isahaya, qu' « il serait sans doute possible de s'infiltrer par petits groupes opérant isolément, mais qu'il était pratiquement hors de question d'envisager une invasion massive avec des forces importantes ».
Isahaya avalisa ce rapport, qui fut accepté par le général Shorjiro lida. Ce dernier spécifia que la zone frontalière serait surveillée par des patrouilles postées principalement aux passages des rivières : le gros des troupes demeurerait à l'est du Chindwin et les responsabilités, en ce qui concernait la frontière, seraient partagées entre les 33e et 45e divisions, tandis que la 18e division ferait face aux Chinois qui menaçaient au nord et que la 46e demeurerait en réserve. En mars 1943, Iida fut remplacé par l'ambitieux et morose commandant de la 18e division, le général Renya Mutaguchi, lequel accepta la situation telle qu'elle était et ne parut pas vouloir modifier les dispositions prises par son prédécesseur. Mutaguchi s'installa dans une charmante et confortable villa et trouva même le temps de se livrer à son violon d'Ingres : la culture des roses.

victoire japobaise en birmanie
mutaguchi