Les vociférations d'Hitler, un spectacle grotesque

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reporter
Tous ceux qui ont eu l'occasion de le rencontrer se sont très certainement posé cette question. Quiconque a vu cet homme en face, avec son regard instable, sans profondeur ni chaleur, quiconque a voulu fouiller ces yeux fuyants qui, derrière leur clarté froide, semblent verrouillés, sans arrière-plan, puis les a vus prendre brusquement une fixité étrange, a dû éprouver comme moi l'inquiétante sensation de se trouver en présence d'un être anormal.
On le voyait des quarts d'heure durant, apathique, silencieux, ne levant même pas les paupières et se curant les dents d'un geste affreusement vulgaire. Écoutait-il ? Était-il absent ? Jamais, à ma connaissance, un visiteur quelconque n'a eu un vrai dialogue avec lui. Ou bien Hitler écoutait sans rien dire ou bien il parlait sans écouter, à perte de vue. Souvent il tournait dans la pièce comme un fauve en cage. Il ne vous laissait jamais la parole. Il vous interrompait aux premiers mots, et sautait d'un sujet à un autre, incapable de retenir la fuite de ses pensées, incapable de se concentrer. Il ne m'appartient pas de juger si Hitler, au sens clinique du mot, est plus ou moins proche de la démence. Mon expérience personnelle, qui concorde avec celle de nombreuses personnes de ma connaissance, est que je me suis trouvé vingt fois en face d'un maniaque dépourvu de tout contrôle de ses émotions et dont les crises allaient jusqu'à la déchéance complète de la personnalité. Ses cris, ses vociférations, ses explosions de fureur rappellent les trépignements d'un enfant gâté et rebelle. C'est un spectacle grotesque et repoussant, mais ce n'est pas encore de la folie. Sans doute, il est inquiétant qu'un homme d'un certain âge tambourine sur les murs comme un cheval piaffe dans sa stalle ou se roule à terre. Symptômes morbides ou manifestations d'un tempérament grossier qu'aucune discipline ni aucune pudeur n'a jamais contenu ?
les cris de hitler