Wenck, un espoir anéanti

L'armée Wenck avait cessé d'exister....

.« Où pouvait bien être l'armée Wenck ? » Au fond de son bunker, la préoccupation du Führer se faisait littéralement obsédante. Le grand quartier général du maréchal Keitel — de Potsdam, il s'était replié sur Fürstenburg, puis sur Waren — demeurait étrangement silencieux. Hitler câbla tout à coup à Keitel un télégramme qui traduit l'angoisse qui peu à peu se levait en lui :
J'ordonne que Berlin soit secouru au plus vite. Où se trouve Heinrici ? Que fait l'armée de Wenck ? Que se passe-t-il à la neuvième armée ? Quand Wenck et Busse effectueront-ils leur jonction?
Keitel ne répondit pas. Et pour cause. Ce silence allait déclencher l'une des célèbres colères de Hitler : une tempête de hurlements, de trépignements, d'invectives, de menaces. Puis le Führer se tut. Il resta silencieux, plongé tout l'après-midi dans une sorte de rêve, une apathie qui effraya bien plus l'entourage que la rage éteinte. A sept heures du soir, Bormann envoya un télégramme désespéré à l'amiral Donitz :
Au lieu d'encourager les troupes et de les exhorter à la lutte à outrance, les généraux restent muets. La trahison semble avoir remplacé partout la fidélité et l'honneur. Nous restons ici. La chancellerie est déjà en ruine.
Vers huit heures, la réponse tant attendue arriva à l'Oberkommando. Mais elle ne portait pas la signature de Keitel. Elle signalait en quelques mots que l'armée Wenck avait cessé d'exister.
Hitler n'avait fait aucun commentaire. Après avoir lu le message qui anéantissait ses derniers espoirs, il s'était retiré dans sa chambre. Sans un mot, Goebbels, Bormann, le général Krebs l'avaient suivi des yeux, la gorge serrée, dans un silence total.
Il lui restait à apprendre la défection des compagnons de la première heure : après Gôring, trop empressé à hériter les pouvoirs que prévoyait pour lui la Constitution — présentement destitué, il était prisonnier dans une forteresse, sons la garde d'un corps de SS — la radio suisse annonçait que Himmler avait entamé des pourparlers avec les Alliés par l'intermédiaire du comte Bernadotte.
On l'apprit à Hitler vers 21 h 30. Himmler ! Le chef des SS ! Le « fidèle Heinrich » ! Du coup, Hitler ordonna, on l'a vu que l'on fusillât Fegelein, adjoint de Himmler, qui avait le malheur de se trouver dans l'abri de la chancellerie sous bonne garde, depuis que, quelques heures plus tôt, il avait voulu fuir.
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