La vie de Hitler à Vienne

Deux échecs à l'Académie des beaux-arts...

.Le médecin de famille, le Dr Bloch, diagnostiqua en janvier 1907 un cancer du sein chez Klara. Adolf souhaitait cependant aller étudier à l'Académie des beaux-arts de Vienne. Il échoua une première fois à l'examen d'entrée : un échec qui l'ébranla profondément, car il était persuadé de son talent. Rentré chez lui, il apprit que sa mère était condamnée ; il l'entoura alors, nuit et jour, avec une tendresse dont personne ne l'aurait cru capable. Klara Hitler s'éteignit le 21 décembre 1907, et il fit son dernier portrait sur son lit de mort. Il régla les honoraires du Dr Bloch et lui resta très reconnaissant des soins donnés : l'idée que sa judéophobie aurait pu naître à son contact est entièrement fausse.
Le jeune Hitler resta encore quelques semaines à Linz pour régler des questions de succession. A cette époque, sa demi-soeur Angela, épouse Raubal, mit au monde sa fille Angelika — surnommée Geli — qui jouera plus tard à Munich un rôle tragique dans la vie du chef du parti nazi. Il repartit pour Vienne, où Kubizek le rejoint. Ses principales activités consistaient à se promener et à lire : il dévorait tout, pêle-mêle. Il semble avoir apprécié particulièrement les écrits de Wagner, mais ce sont ses opéras qui l'enflammaient et le transportaient dans un monde magique ; il s'intéressait aussi aux détails techniques de la mise en scène : ses connaissances sur la mise en place des lumières, des décorations, des effets musicaux lui serviront plus tard lors de l'organisation des congrès du parti nazi à Nuremberg.
Il écartait, en revanche, dans la musique, dans les arts, dans l'architecture, toutes les tendances modernes — et étrangères. Sa Vienne ne fut pas celle de Gustav Klimt, d'Otto Wagner, de Karl Kraus ou de Ludwig Wittgenstein.
Durant ses promenades à travers la ville, il se rendit aussi au Parlement pour assister à ses séances, et en gardera toute sa vie un mépris profond pour les députés.
A l'automne 1908, Hitler se présenta une seconde fois aux examens d'admission à l'Académie. Il échoua à nouveau, et quitta alors le logement qu'il avait partagé avec Kubizek : il disparut sans laisser d'adresse. A partir de ce moment, il sombra dans une existence errante et misérable. A vingt ans, c'était un « sans domicile fixe », se réfugiant pour se chauffer et pour lire dans les cafés, fréquentant les soupes populaires. Fin 1909, on retrouve sa trace dans un asile de nuit, où il demeura quelques jours. C'est là qu'il rencontra un autre marginal, qui l'incita à réaliser et vendre ses dessins et aquarelles.
aquarelle de Hitler à Vienne
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