Hitler ne se montra plus, ne parla plus.

Hitler menait une vie austère et monacale

.Hitler en arriva à ne plus être qu'un reclus dans sa propre folie, prisonnier de sa déraison et de son délire, le captif et l'otage d'un frénétique et morbide orgueil mégalomaniaque, pour, finalement, devenir — à la fois sacrificateur et victime — l'objet de sa propre immolation.
Il s'enfermait, il se claquemurait, embusqué au fond de sa tanière, terré en loup solitaire dans ses quartiers généraux relégués au milieu d'obscures et impénétrables forêts, comme à Rastenburg, ou dans des abris blindés, comme à Ziegenberg, près du Rhin, à la fin de 1944, où un appareil automatique à oxygène renouvelait seul l'air vicié.
Il restait là, tapi dans son repaire, moins semblable à un chef d'État ou de guerre, qu'à « un reptile fuyant le grand jour », et d'où il lançait ses ordres, limogeait ses généraux, dirigeait ses armées.
Cet homme qui n'avait vécu que pour la foule et par elle, pour s'offrir aux ovations de multitudes électrisées, extasiées, fanatisées, cessa de paraître en public ; il ne se montra plus, il ne parla plus. (A partir de 1943, Hitler ne prononça que deux discours publics et, en quatre occasions, de février 1943 à février 1945, ses allocutions furent lues par un représentant de son Q.G.)
Il finit même par s'abstenir 'de prendre ses repas avec ses officiers (Jodl, Keitel). Seule, Biondi lui tenait compagnie.
Et Adolf Hitler vécut désormais comme un ermite, menant une existence austère et monacale, rigoureusement antihygiénique.
Le maître de l'Allemagne était devenu une sorte de paria, un proscrit, un relégué. Et cet homme allait passer les derniers moments de sa vie entre les murs d'un bunker bétonné, humide et insalubre, à seize mètres sous terre.
la vie de hitler
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