Hitler, vaincu par les remèdes

Son médecin personnel était, depuis 1938, le gros Dr Morell

la santé de hitler
.Jusqu'au début de 1943, l'état de santé d'Adolf Hitler se montra satisfaisant.
Pendant la guerre, pour soutenir le rythme de vie, la somme d'activités et les charges qu'il s'était peu à peu imposés, Hitler dut se résoudre à absorber des drogues stimulantes en quantités toujours grandissantes. Et son équilibre nerveux finit par chanceler.
Son médecin personnel était, depuis 1938, le gros Dr Theodor Morell, marié à une amie d'Eva Braun. Ancien praticien de la marine, il avait soigné le kronprinz et d'autres millionnaires de la haute société allemande avant de se spécialiser, à Berlin, dans le traitement des maladies vénériennes.
Morell avait gagné rapidement la confiance de Hitler pour deux motifs : en inventant une poudre qui débarrassa de la vermine les soldats de la Wehrmacht, puis en guérissant le Führer lui-même d'un eczéma à une jambe. Ensuite, comme Hitler se plaignait de migraines et de maux d'estomac, il lui prescrivit une cure spéciale de médicaments de sa composition qui le délivra provisoirement de ses douleurs et installa, définitivement, Theodor Morell dans l'entourage privé du chancelier du Reich.
Jusque-là, le médecin particulier de Hitler avait été un jeune et compétent chirurgien, Brandt ; Morell le supplanta.
Dès lors, Hitler ne se mit plus à table que devant un alignement de fioles multicolores et après avoir absorbé une infinité de cachets et de pilules préparés par son médecin, dont certaines contenaient un mélange de strychnine et de belladone.
Le docteur Morell et hitler
L'alimentation du Führer s'inspirait, pourtant, depuis des années, des pratiques les plus strictes du végétarisme. Il était devenu un végétarien absolu : une fois pour toutes, Hitler avait supprimé de ses repas toute espèce de viande et même tous les produits d'origine animale.
Il proclamait la triple nocivité de la viande, de l'alcool et de la nicotine.
Il ne buvait pas — hormis du lait — et ne fumait pas non plus. Il en vint, pour sa nourriture essentielle, à refuser même du bouillon de viande et se nourrissait exclusivement de flocons d'avoine, de pommes râpées, de noix, de citron, accompagnés de pain de régime et, pour des plats plus substantiels, de nouilles et, surtout, d'assiettées de haricots dont il raffolait.
Toutefois, ce régime végétarien ne parvint pas à combattre les effets des « remèdes du Dr Morell (à gauche de Hitler).
A partir de 1942-1943, Hitler non seulement eut de plus en plus recours aux somnifères dont il ne pouvait plus se passer, mais il alternait les soporifiques avec les excitants — et même les aphrodisiaques — administrés sans mesure par son médecin.
Il s'ensuivit un délabrement progressif de la santé de Hitler ainsi qu'une modification et une aggravation sensibles de tout son comportement privé et public.
Ses maux d'estomac avaient repris ; il se plaignait, de plus en plus fréquemment, de vertiges et, la cinquantaine maintenant dépassée, il avait tendance à se voûter. Ses cheveux noirs étaient devenus presque gris ; sa vue s'affaiblissait énormément des tics nerveux l'agitaient, au point (rapportera le général Jodl) qu'il ne pouvait approcher une tasse de ses lèvres sans en répandre la majeure partie. Goebbels s'alarma de cet état.
La déroute générale de ses nerfs épuisés, Hitler la dut pour une bonne part aux injections des drogues de Morell. Les blessures occasionnées par l'explosion de la bombe du 20 juillet 1944 aggravèrent encore cet état.
Hitler avait eu les tympans crevés la chute d'une poutre lui contusionna le dos : son bras droit devint raide et inerte, tandis que, pour réprimer ses tremblements, il devait maintenir sa main gauche par sa main droite.
Mais autre chose n'était pas imputable à la bombe de Stauffenberg. Ni le professeur Helmuth von Crinis ni d'autres spécialistes n'eurent jamais la possibilité d'examiner Hitler comme des médecins un malade. Néanmoins, Crinis et ses collègues crurent pouvoir aboutir à un diagnostic qui possédait toutes les chances d'être juste : indiscutablement, Hitler était atteint de la maladie de Parkinson, ses maux d'estomac étaient d'origine hystérique et tous les symptômes physiques et psychologiques présentés par lui recoupaient ceux de la syphilis. Un seul de ces symptômes suffisait pour prédire la fin vers laquelle s'acheminait Adolf Hitler : la paralysie générale.
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