Le mariage d'Hitler avant la mort

Il ne nous reste plus qu'à mourir dignement

.Dans ces dernières heures où tout le fuyait, il faut reconnaître que Hitler trouva près de lui deux fidélités sans défaillance : Eva Braun, justement, qui partageait sa vie depuis treize ans — brune, douce et calme — et l'officier d'ordonnance Heinz Linge. Ce colosse de 1 m 90 et 110 kg était depuis dix ans auprès du Führer ; il avait traversé avec lui l'extraordinaire aventure du nazisme. En 1940, il était à Compiègne, dans le wagon de l'armistice. Il avait toute la confiance de Hitler.
S'il faut en croire ses propres déclarations, c'est Linge qui, le 27 avril, aurait suggéré à Hitler d'épouser Eva Braun. Le Führer n'avait pas répondu. Mais le lendemain, le 28, dans la soirée, il faisait appeler Linge : il avait résolu de suivre son conseil. Goebbels dut faire chercher précipitamment un fonctionnaire apte à célébrer le mariage. Celui-ci, un certain Walter Wagner, arriva dans le bunker sans se douter de ce qu'on attendait de lui.
La cérémonie eut lieu trois quarts d'heure après l'exécution de Fegelein, le 29 avril, vers 0 h 30. Elle fut brève, rythmée par les coups de boutoir des projectiles qui s'abattaient sur le béton du bunker. Conformément à la loi, Wagner demanda, en rougissant, à Hitler s'il était d'origine aryenne. Avec un grand sérieux, le Führer répondit affirmativement, ainsi qu'Eva Braun.
On échangea les « oui », on signa au registre. Lorsque ce fut le tour de la mariée, elle commença à écrire Eva B...
Puis elle s'arrêta, sourit, elle corrigea en biffant le B et en écrivant : Eva Hitler, née Braun.
Dans les heures qui suivirent, Hitler dicta son testament à Frau Junge, l'une de ses secrétaires. Face à la mort, il ne reniait rien de son effarante idéologie. Ce testament ne fut pas dicté d'un seul jet. Hitler en interrompit la rédaction pour organiser une petite réception : n'était-il pas jeune marié ? Linge se montrait tout fier : il avait déniché quelques sachets de thé, la boisson préférée du Führer. Et, au bunker, on ne manquait pas de champagne.
On se réunit dans la salle des cartes. Une poignée d'intimes : Goebbels, Bormann, Arthur Axmann, chef de la Jeunesse hitlérienne, les deux secrétaires, Frau Junge et Gerda Christian, les généraux Krebs, Burgdof, Von Below et Heinz Linge.
« Chacun, raconte Linge, félicita Eva. Le champagne lui donna quelques couleurs passagères et elle parut oublier le tragique de la situation. Hitler, lui, était très froid, bien qu'un peu absent . »
Au moment de prendre congé, il dit brusquement : Le national-socialisme est mort. Nous avons perdu la partie. Il ne nous reste plus qu'à mourir dignement.
Il parlait « d'une voix calme et posée ».
Frau Junge ne put y tenir : elle s'enfuit de la pièce en pleurant.
A quatre heures du matin, Hitler s'en tut prendre un peu de repos. Désormais, tout était clair : il avait décidé d'en finir avec la vie.
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