Les adieux de Hitler

Quand on vint annoncer la mort imminente d'Hitler, nul ne s'arrêta de danser !

.La journée du 29 avril recèle assurément l'un des épisodes les plus étranges de cette histoire. Avant de se retirer dans sa chambre, Hitler a pratiquement fait ses adieux. Il a dit : « Je n'ai pas l'intention de me laisser capturer par les Russes qui m'exhiberaient comme une pièce de musée. » Pourtant, le 29 au matin, à la stupeur des habitants du bunker, il se réveille comme si rien ne s'était passé. A midi, il tient, comme chaque jour, une conférence sur la situation militaire. Et une autre à vingt-deux heures ! Alors que les Russes sont maintenant à trois cents mètres de la chancellerie !
Michel Beauquey et Victor Ziegelmeyer qui furent les homologues français de Trevor-Roper et qui ont enquêté comme lui sur les derniers jours de Hitler, remarquent que « pour les hôtes de l'abri principal, le 29 avril fut une journée d'attente intolérable ». Les heures passaient « et rien ne semblait changé au traintrain quotidien, si un tel mot peut convenir à la vie menée dans cette prison souterraine. Le petit personnel continuait de taper à la machine, de préparer les repas, de surveiller les, installations électriques ».
Dans la soirée, pourtant, Hitler commanda à Otto Guensche, son aide de camp — un géant, comme Linge — de rassembler toutes les femmes du bunker dans la salle à manger : les secrétaires, les cuisinières, les femmes de chambre. Il les reçut — et avec elles,, quelques officiers — vers deux heures du matin. En tout, une vingtaine de personnes.
Ce mort en sursis sollicitait des condoléances...
Il parcourut le couloir en silence et, successivement, serra toutes les mains. Il avait « le regard distrait », dit TrevorRoper, « les yeux hagards où tremblaient des larmes », notent Michel Beauquey et Victor Ziegelmeyer, d'après le témoignage des survivants. « Certaines lui parlèrent, mais il ne leur répondit pas ou ne murmura que des mots inintelligibles. » Puis il s'éloigna.
La journée du 30 avril était commencée.
La nouvelle des « adieux », considérés cette fois comme définitifs, fit le tour de toutes les chambres. Personne ne dormait. On dansait dans la cantine de la chancellerie. Quand on vint annoncer la mort imminente de Hitler, nul ne s'arrêta de danser ! Les disques grincèrent de plus belle sur les phonographes, les bouchons sautèrent, la fumée du tabac épaissit encore un peu plus l'atmosphère. La baronne de Varo ( un témoin sans conteste objectif ) a déclaré aux enquêteurs américains « qu'à l'exception de Goebbels et de sa femme, elle n'avait entendu personne s'apitoyer sur le sort d'Adolf Hitler. C'étaient là, pourtant, des hitlériens fanatiques. Mais la mort du Führer signifiait la fin de la guerre. Et quel homme, s'il est encore digne de ce nom, ne saluerait la paix avec bonheur ? Les reclus de l'abri faisaient tant de bruit qu'on vint leur dire, du Führer-bunker, de a se tenir plus calmes ». Le bal continua comme si de rien n'était.
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