La terreur stalinienne

La peur du coup de sonnette

.La terreur et la violence faisaient probablement partie intégrante du système stalinien, mais il était difficile de justifier les effroyables massacres provoqués par la collectivisation. Quant aux assassinats perpétrés par Staline pour défendre son pouvoir, ils apparaissent encore plus impardonnables. Cette vague de meurtres atteignit son point culminant au cours des grands procès de Moscou, quand le commissariat à l'Intérieur, avec sa terrible police secrète, devint l'instrument de la terreur stalinienne.
Avant 1917, l'exil, la prison ou l'exécution étaient de pratique courante pour éliminer les adversaires politiques. Après la révolution, les arrestations ou les exécutions massives des anciens privilégiés, qui avaient le malheur de déplaire aux bolcheviks, avaient pris les dimensions d'une institution. Cette liquidation physique de gens auxquels on reprochait leur passé beaucoup plus que leur attitude à l'égard du régime, avait jusque-là épargné les membres du parti. Quand Staline élimina, en 1927, les gauchistes, ceux-ci furent simplement chassés du parti et envoyés à la campagne.
A partir de 1930, une opposition croissante se manifesta à l'intérieur du parti contre la politique et les méthodes de Staline; le secrétaire général n'aurait alors eu aucun mal à se débarrasser de ces opposants. Mais, au bureau politique, il y avait encore une majorité qui refusait de s'incliner devant une telle entorse à la légalité du parti. Staline se contenta de qualifier de droitiers des opposants comme Boukharine, le théoricien du parti, et Rykov, le président du Conseil des commissaires du peuple. Tous ces adversaires ne cachaient pas leur opposition à la collectivisation et réclamaient une industrialisation plus lente, avec l'aide de l'étranger. Cependant, les droitiers finirent par être éliminés par Staline; mais beaucoup de membres éminents du parti comprirent qu'il était temps d'écarter le nouveau tyran avant qu'il fût trop tard.
Parmi les remplaçants éventuels figurait Sergheï Mironovitch Kirov, beau garçon agréable, populaire et modeste, et qui présentait, en outre, l'avantage d'être russe. Au Congrès du parti de 1934, Kirov reçut autant d'applaudissements que Staline. Il fut assassiné en 1934. Malgré de très fortes présomptions, la complicité de Staline ne put jamais être prouvée. Quant au témoin principal du crime, il disparut dans un accident de voiture avant d'avoir pu être entendu...
kirov et staline
En tout cas, Staline sut exploiter l'émotion provoquée par la disparition de Kirov pour se lancer dans une campagne de terreur. Dans les années qui suivirent, les membres les plus importants du parti disparurent et des millions de militants et de simples citoyens furent arrêtés, exécutés ou jetés dans des camps.
Après avoir éliminé ses adversaires, Staline se tourna contre la seule organisation qui échappât à son contrôle, l'armée Rouge. Son chef était le général Toukhatchevski. En tant que héros de la guerre civile, il bénéficiait d'une grande popularité et il était l'auteur d'importantes réformes militaires. Son arrestation, en 1937, fut bientôt suivie de celle de quatorze généraux d'armée sur seize et des deux tiers des officiers du grade de colonel et au-dessus. Déférés en cour martiale, Toukhatchevski et d'autres officiers supérieurs furent accusés d'espionnage au profit de l'Allemagne et duJapon, puis fusillés.
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