La terreur des années 1950

Staline règle des comptes personnels...

.En 1949, Staline fait arrêter tous les anciens déportés libérés en 1944 ou 1945 et qui reprennent le chemin des camps. Il organise une chasse à l'homme systématique dans les républiques périphériques des pays baltes ou de Moldavie. Surtout, il monte, grâce à Lavrenti Beria (gauche) et à Gheorghi Malenkov, l'affaire de Leningrad, longtemps restée mystérieuse. En décembre 1948, le secrétariat du Comité central est informé d'une menue fraude commise lors de la conférence du Parti de Leningrad : les dirigeants ont été officiellement élus à l'unanimité, alors qu'il a manqué à certains d'entre eux de quatre à quinze voix. Staline trouve là le prétexte à une vaste épuration. Les chefs du Parti à Leningrad sont arrêtés et le Leningradois Nikolaï Voznessenski, membre du Bureau politique, est destitué. A la même époque, se déchaîne dans le pays une vaste campagne anticosmopolite, c'est-à-dire antisémite, couronnée par l'exécution de vingt-six écrivains yiddish le 12 août 1952.
Staline profite de la recrudescence de la terreur pour régler des comptes personnels. Il joue au chat et à la souris avec son ex-favori Nikolaï Voznessenski. Après l'avoir fait évincer du Gosplan de Leningrad, il le laisse de longs mois ronger son frein et rédiger, solitaire, un énorme ouvrage sur l'économie politique communiste. Un soir de 1949, il le fait convoquer dans sa villa de Kountsevo avec le Bureau politique. Un somptueux dîner est préparé. Flatté, cajolé et réconforté par le Guide suprême qui salue en lui « l'homme capable d'ouvrir le chemin qui mène à l'avenir radieux, de planifier les victoires ultérieures », Nikolaï Voznessenski rentre chez lui euphorique.
Mais, soudain, on sonne à la porte : un détachement du MGB (nouveau nom de la police politique) entre, son chef fait voler à coups de bottes le précieux manuscrit et embarque le dauphin déchu avec sa femme. Le 12 janvier 1950, Staline rétablit la peine de mort, ce qui lui permet de faire fusiller les six dirigeants de Leningrad, dont Nikolaï Voznessenski, pour haute trahison. Le jugement et l'exécution restent secrets. La propre fille de l'un des condamnés, Kouznetsov, pourtant mariée au dernier fils d'Anastas Mikoian, membre du Bureau politique, ignore longtemps tout du sort de son père.
beria
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