Hacha signe l'acte de complète rédition...

Et l'arrêt de mort de la Tchécoslovaquie

hacha et hitler en 1939
Hacha le president de la tchécoslovaquie en 1939
Les Tchèques, confinés dans l'État «croupion» qui dépendait encore de Prague, n'étaient nullement rassurés par les scènes de fraternisation des Sudètes. Ils auraient eu tort de l'être. Moins de six mois après la démission de Benes, Berlin fit pression auprès des Tchèques pour qu'ils choisissent comme successeur, le président de la Cour suprême, Emil Hâcha, homme bien intentionné mais prématurément sénile à soixante-dix ans. Au cours de l'hiver, la tension ne cessa de monter: il était à présent évident que Hitler était résolu à établir sa domination sur ce qui restait de la Tchécoslovaquie, quitte à l'envahir si nécessaire. En mars 1939, Hâcha, dont la position devenait intenable, sollicita une entrevue que Hitler lui accorda avec une grâce cynique, en la présentant comme une rencontre entre deux chefs d'États voisins.
Une garde d'honneur, des fleurs et une boîte de chocolats attendaient le président tchèque à la gare de Berlin. Le Führer, souriant et la main tendue, lui fit passer le seuil de la chancellerie. Mais à peine les portes des appartements privés étaient-elles refermées sur eux que Hitler annonça au vieillard qu'il avait donné ses ordres deux jours plus tôt «pour envahir la Tchécoslovaquie et l'incorporer au Ille Reich». Après quoi, il fit demi-tour et quitta la pièce.
Hâcha s'évanouit. Deux ministres nazis restés avec lui furent pris de panique, redoutant, comme un interprète allemand le révéla par la suite, que «le monde entier ne dise demain qu'on l'a assassiné à la chancellerie». Mais un médecin ranima Hâcha et, à 4 heures du matin, celui-ci signait un acte de complète reddition.
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