Le dépecage de la Thécoslovaquie

Des voisins à l'appétit féroce...

invasion de la Tchécoslovaquie par les hongrois
Tandis que les Tchèques regardaient d'un oeil morne les forces allemandes investir, à Prague, le coeur du pays, une répétition tragi-comique des festivités sudètes se déroulait en Ruthénie. Dans cette région s'agitait une minorité de Hongrois séparatistes: 'ils voulaient voir la Ruthénie entière rattachée à leur patrie d'origine, qui en avait absorbé la partie sud.
Hitler avait naturellement compté sur ce mouvement pour rendre plus facile le démembrement de la Tchécoslovaquie. Il avait déjà invité le régent de Hongrie, Miklés Horthy, à participer au partage des dépouilles en envahissant la Ruthénie. «Celui qui veut se mettre à table», lui avait-il écrit, «doit d'abord donner un coup de main à la cuisine».
«Merci de tout coeur!», répondit Horthy le 13 mars 1939, deux jours avant l'entrée des Allemands à Prague. «Les plans sont déjà faits. Le jeudi 16, il se produira u incident de frontière qui permettra de frapper samedi le coup décisif.»
L'incident de frontière eut lieu sans difficulté, un jour plus tôt que prévu en fait, grâce à la coopération enthousiaste des populations séparatistes. Mais, alors que les troupes hongroises engloutissaient la Ruthénie, elles rencontrèrent une faible résistance armée. C'étaient des Ukrainiens, qui retardèrent ainsi pendant vingt-quatre heures le moment du festin avant d'être avalés à leur tour. Par une ironie finale, la voracité de l'envahisseur l'entraîna au-delà des frontières de la Ruthénie, en Slovaquie, où des combats mirent aux prises des hommes de Horthy et des soldats slovaques abasourdis. Il fallut un ordre catégorique des protecteurs allemands de la Slovaquie pour stopper les colonnes hongroises.
suivant