La Waffen SS... Une troupe de choc

Ils furent les pompiers du IIIe Reich

Création de la Waffen SS
Conçue initialement pour veiller à la sécurité intérieure de l'Etat, puis pour lutter officiellement contre les juifs et les communistes, la SS est dans l'esprit de Hitler l'instrument de répression contre les mécontents du régime quels qu'ils soient. Les chefs de l'armée restent les adversaires du parti... Aussi, Hitler tend-il à posséder une autre armée, qui lui soit propre, car toute révolution qui ne contrôle pas l'armée ne peut lui insuffler son esprit. Il espère le faire progressivement partager par la Wehrmacht. Pour cela, il faut que les formations SS se montrent au moins égales, sinon supérieures aux unités combattantes. Le respect du peuple et de la Wehrmacht pour ces nouvelles unités est l'argument psychologique qui entraînera la création de la Waffen SS.
Le recrutement
Le recrutement est fondé sur une sélection draconienne au point de vue physique et racial. A la Leibstandarte, la taille minimale est de 1,80 m. Elle est de 1,75 m pour les deux autres régiments. Ces unités rassemblent les plus beaux spécimens de la race germanique. Les conditions d'engagement sont très sévères : 4 ans pour la troupe, 12 ans pour les sous-officiers, 25 ans pour les officiers. Malgré la longue durée des engagements, les candidats sont nombreux : ils se recrutent surtout dans les Jeunesses hitlériennes et parmi les paysans, attirés par une carrière où les distinctions sociales sont abolies.
L'instruction est basée, on l'a vu, sur une très haute valeur athlétique. Les officiers comme la troupe sont tenus de pratiquer tous les sports de combat individuels et collectifs. L'instruction militaire est menée d'une façon beaucoup plus brutale que dans la Wehrmacht. Les exercices avec tir réel sont fréquents. Mais ce qui. distingue surtout le SS, c'est son éducation politique. L'endoctrinement idéologique est aussi important que l'instruction militaire.
Témérité des Waffen SS
Pour bloquer la contre-attaque des chars britanniques, les SS .font preuve d'un héroïsme certain : un officier laisse un char s'approcher, lance ses grenades et se fait écraser ; un homme bondit sur l'arrière d'un autre char, dégoupille une grenade et veut l'introduire par les fentes de visée : il est abattu par le char qui suit ; d'autres attendent que les véhicules adverses soient à cinq ou dix mètres pour ouvrir le feu avec leur fusil ou leur pistolet mitrailleur...
Toujours à l'avant-garde de ses unités, « Sepp » Dietrich, le 28 mai, près d'Esquelbeck, passe sans s'en douter près d'un centre de résistance britannique qui ne se dévoile qu'au dernier moment. Pris sous une rafale d'armes automatiques, il se jette dans le fossé pendant que sa voiture prend feu. L'essence coule dans sa direction ; pour se préserver des flammes, il se roule dans la boue gluante, assiste pendant de longues heures aux combats acharnés qui se déroulent près de lui, car ses subordonnés, inquiets de sa disparition, lancent chars, automitrailleuses, bataillons SS contre les Britanniques. Il est finalement dégagé par une manoeuvre de débordement qui oblige les Anglais à décrocher. La « Liebstandarte » a failli perdre son aventureux Obergruppenführer.
Un acte de barbarie
Une compagniede la SS Totenkopfdivision capture, après des engagements très sévères, une centaine d'Anglais qui luttent désespérément dans une ferme, près du village Le Paradis, jusqu'à épuisement de leurs munitions. Les pertes sont élevées parmi les assaillants. .Le commandant SS, fait aligner les survivants contre un des murs de la ferme et, froidement, les fait massacrer à coup de rafale de mitrailleuse. Ceux qui donnent encore des signes de vie sont achevés à la baïonnette ou au pistolet. Deux Anglais réussissent pourtant à s'évader. Ils sont repris plus tard par une autre formation de la Wehrmacht et sont soignés dans un hôpital. Après la guerre, ils révèlent l'impitoyable tuerie, font traduire Knochlein devant un tribunal militaire ; l'officier SS est condamné à mort le 25 octobre 1948 et pendu trois mois plus tard.
Le chaudron de Tcherkassy
En février 1944, une manoeuvre en tenaille permet l'encerclement de deux corps allemands sur le balcon du Dniepr à Tcherkassy Parmi les troupes prises au piège, se trouvent deux formations SS, la Wiking» et la brigade Wallonie. Rejetant toutes les offres de reddition répercutées par les officiers transfuges du comité Allemagne libre, les assiégés tentent une sortie en masse et se ruent littéralement au-devant des blindés du général Hube, qui tente de progresser jusqu'au chaudron.
« ...L'armée se précipita vers le sud-ouest, écrit Léon Degrelle, chef de la brigade Wallonie. Il neigeait à gros flocons. ...Abrités sous ce voile de flocons épais, nous courions à perdre haleine... Le terrain était montueux. Nous foncions d'une colline à l'autre. Le creux de chaque ravin était un entassement effroyable de véhicules broyés, de dizaines de soldats tués, jetés en travers de la neige rouge. Les pièces ennemies martelaient sauvagement ces passages... Nous devions nous coucher à l'abri des morts...
Mais le dégel freine la marche de la colonne de secours et provoque, dans la poche, d'inextricables embouteillages. « Des milliers de camions, poursuit Degrelle, échelonnés sur vingt kilomètres, par trois véhicules de front, patinaient dans les grenouillères noirâtres de la route, convertie en un cloaque prodigieux. Cette masse énorme était une cible incomparable pour l'aviation. Les appareils soviétiques, déchaînés comme des essaims stridulents de guêpes, piquaient sur les colonnes engluées... »
Les troupes soviétiques multiplient en même temps les attaques sur les flancs de la poche. « Dans la plaine, les Russes arrivaient comme la marée. Ils poussaient, avec eux, leur artillerie légère. Ils virent nos deux panzers qui progressaient le long de la côte nue. Les obus de leur Pak s'abattirent aussitôt en avalanche, encadrant nos blindés, écrêtant le rempart, tuant des hommes...
Le 17 février 1944, tout parait perdu. La seule issue se réduit à un étroit couloir entièrement sous le feu des chars et des fantassins soviétiques. A l'arrière-garde, les Wallons se trouvent isolés. « Nous nous étions collés les uns aux autres pour ne pas mourir de froid. Chacun avait jeté ses papiers, bagues, alliances... quel espoir nous restait-il de sortir vivants ou libres de cette faille étroite, puisque les chars ennemis barraient le sud ?... »
Finalement, l'impossible réussit. Plus de 40 000 hommes réussirent à s'extraire du « chaudron » de Tcherkassy, laissant derrière eux près de 10 000 cadavres.
waffen SS
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