Les SS doivent se montrer durs et impitoyables

Ils doivent mépriser leur propre vie et celle des autres

La sélection
Himmler insista d'abord sur l'aspect physique des candidats SS. Tous ceux qui ne mesurent pas, au moins un mètre soixante-dix sont éliminés. Ceux qui remplissent cette première condition doivent en plus présenter un aspect germanique. C'est-à-dire de préférence des cheveux blonds, des yeux bleus et le crâne allonge des dolicocéphales.
Les gens de valeur
Himmler savait bien que l'apparence extérieure n'est pas le seul critère, si elle reste le critère essentiel. Pour attirer vers la SS ce qu'il nommait des « gens de valeur », le Reichsführer partait du principe qu'il ne fallait pas leur offrir un service facile mais leur imposer de dures épreuves et leur demander sans cesse des sacrifices. Dans l'époque qui précéda la prise du pouvoir, on demanda donc aux SS des cotisations élevées. Ils devaient acheter eux-mêmes leur uniforme Et si un candidat se déclare incapable de cette dépense, on lui répond :
— Tu n'as rien compris. Il faut que tu sois prêt à tous les sacrifices. Va-t-en, nous n'avons pas besoin de toi.
Les volontaires affluent
Ils sont soigneusement examinés et contrôlés. Sur cent hommes, nous ne pouvons en utiliser en moyenne que dix à quinze, pas plus. Nous leur demandons le dossier politique de leurs parents, de leurs frères et soeurs, leur arbre généalogique jusqu'en 1750 et, naturellement, nous exigons un rapport sur leur hérédité "
Lutte contre les chiens loups : Extrait de « SS » de Peter Neumann.
Parmi les épreuves auxquelles étaient soumis les futurs SS, une des plus dures était la lutte contre des chiens-loups dressés au combat. Quatre cages contenant les chiens avaient été amenées, et sur un signal on a ouvert les grilles. Les chiens, comme enragés, se sont jetés à la gorge de quatre candidats. Ceux-ci n'avaient absolument rien pour se protéger de la fureur des fauves.
« Un entraînement spécial leur permet de venir à bout des animaux après une dizaine de minutes seulement. Mais s'ils ratent leur coup, les chiens, eux, ne les ratent pas. Un des hommes a eu l'épaule ouverte, et de son artère béante, le sang jaillissait par saccades. Il a exigé cependant que l'on ne fasse pas de mal au chien. Je trouve cela parfaitement normal : on excite ces bêtes jusqu'à les rendre enragées, il est juste que l'on en supporte les conséquences. C'est le genre d'exercice qui fait partie de la méthode destinée à tremper le caractère. »
Le serment
Tous les candidats SS sont passés ligatoirement par la Hitler-Jugend, la jeunesse hitlérienne, et doivent s'y être particulièrement distingués. C'est à l'âge de dix-huit ans qu'un jeune Allemand peut manifester ouvertement son désir d'entrer dans la SS. Il est d'abord solliciteur et on sait avec quelle minutie le cas de chacun est examiné. Il devient alors candidat. Mais il ne va pas entrer aussitôt dans l'Ordre noir. Il passe l'indispensable examen sportif, puis il doit satisfaire à deux obligations : d'abord l'Arbeitsdienst, le Service du travail, puis la Wehrmacht, la Force armée. Sous le régime national-socialiste du temps de paix, chaque Allemand passe ainsi deux ans sous les drapeaux. D'abord la pelle, puis le fusil. De dix-neuf à vingt et un ans, il construit des autoroutes et assèche des marais, puis il devient fantassin ou artilleur.
Quand il quitte la caserne, à vingt et un ans, le candidat SS qui vient de recevoir une énergique formation sportive et militaire, subit 'alors un véritable matraquage idéologique. Il ne s'agit encore que d'un cours élémentaire que Himmler résume ainsi : « Les lois du mariage et les règles de l'honneur. »
Le 9 novembre, jour anniversaire du putsch de 1923, devant la Feldernhalle (le Munich, il prête, à la lueur des torches, le serment de la SS : « Je te jure, A dolf Hitler, Führer et Chancelier du Reich, d'être fidèle et brave. Je te promets d'obéir à toi, et à ceux que tu m'as donnés pour chefs, jusqu'à la mort. Que Dieu me vienne en aide. »
La nuit de sa prestation de serment, le nouveau membre de la SS reçoit son poignard. A partir de ce jour, il a le droit de défendre son honneur par les armes. Il fait désormais partie de l'Ordre noir, dont il porte enfin les deux runes SS d'argent sur le col de sa vareuse noire.
L'uniforme couleur de nuit
La SS emprunte la couleur de son uniforme à la nuit. Drap noir de la culotte d'équitation, de la tunique et de la casquette plate. Cuir noir des bottes, du ceinturon, du baudrier et de la visière baissée sur un regard implacable. Eclairant cette tenue (le deuil, quelques taches argent brillent 'd'un éclat de métal glacé : la plaque du ceinturon, l'unique épaulette torsadée ; sur la casquette, l'aigle du parti national-socialiste, devenu l'aigle du Reich, et cette tête de mort empruntée aux vieux régiments de hussards impériaux. Sur le revers du col : à gauche, les insignes de grade, barrettes, étoiles carrées ou feuilles de chêne ; à droite les deux lettres S en caractère runique qui font songer à des éclairs d'argent.
Le brassard du parti lance une note écarlate, mais il est, lui aussi, souligné de deux bandes noires, pour bien marquer que les SS ne sont pas des nationaux-socialistes comme les autres. Le poignard est inspiré de l'époque de la Renaissance. Sur la lame étincelante, se détache en grandes lettres gothiques la devise de la SS : Mein Ehre heisst Treue (Mon honneur s'appelle fidélité.)
L'hiver, les SS portent un long manteau noir et certaines unités en service arborent le casque d'acier sombre où les lettres SS se détachent en noir sur un écusson blanc. Tout dans cet uniforme, élégant mais funèbre, a été choisi pour impressionner. Ceux qui le portent ont l'impression, en l'endossant, de faire désormais partie d'une caste à part. Ils le revêtent comme une armure médiévale.
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