Chaque jour, des centaines d'exécutions

Les Einsatzkommandos pacifient en tuant...

La petite ville de Bromberg
En 1918, Bromberg était encore une ville allemande. Ele est devenue polonaise à la suite de la défaite de l'Allemagne. Mais en 1939 la communauté de langue allemande y est toujours presque majoritaire. Les maisons, les magasins ont gardé le style germanique.
Le dimanche 3 septembre, les arrière-gardes polonaises de Bromberg s'apprêtent à partir. L'armée allemande du général von Kluge n'est plus très loin. Soudain, des toits et de quelques fenêtres crépitent les premiers coups de feu.Des francs-tireurs allemands tirent. Les Polonais ripostent rapidement pour protéger leur fuite. Quelques heures plus tard, les troupes polonaises reviennent. Les vitres et les volets s'effondrent sous les balles. Dans quelques rues, des groupes civils armés prennent les Polonais à revers. Un soldat isolé est coincé dans une impasse : plusieurs coups de feu, la tête du soldat s'écrase au sol. La fusillade dure jusqu'à la tombée du jour. Elle fait 228 tués du côté polonais et 223 dans le camp allemand.
La nouvelle de ce « dimanche sanglant » se propage comme une traînée de poudre dans les unités allemandes. La propagande répand des chiffres fantaisistes : cinq mille, puis cinquante mille morts. On crie vengeance. Les SS « Totenkopf » et les hommes du SD ne font pas de quartier. Le massacre commence.
La Whermach n'est pas contente
Mais tout cela gêne considérablement l'action de la Wehrmacht qui n'a pas encore achevé son offensive, et l'indispose moralement. L'armée classique avait cru naïvement que les hommes du SD se cantonneraient dans le contre-espionnage.
Indignation
Les méthodes des SS surprirent et choquèrent les unités régulières, comme en témoigne le rapport ci-dessous. Ce n'était pourtant qu'un début... L'armée devra s'habituer à bien pire.
Dans beaucoup de régions, tous les propriétaires fonciers polonais ont été arrêtés et leur famille internée. Les arrestations se sont presque toujours accompagnées de pillages. Dans les villes on a fait évacuer des îlots entiers, pris au hasard; les habitants ont été chargés dans des camions et emmenés dans des camps de concentration. Chaque fois, également, des pillages se sont produits. Le logement et la nourriture dans les camps sont tels que le médecin du Corps craint des épidémies qui mettraient la troupe en danger. Devant mes protestations, des améliorations ont été apportées.
Dans plusieurs villes, les actions contre les Juifs ont pris la forme de graves abus de pouvoir. A Turck, le 30 octobre 1939, trois camions de SS, conduits par un officier de grade élevé, sont entrés, et les hommes ont frappé arbitrairement les habitants à coups de nerf de boeuf et de fouet. Même des Allemands de race ont été ainsi frappés. Finalement, un certain nombre de Juifs furent enfermés dans la synagogue où on les obligea à chanter et à ramper entre les bancs, tandis que les SS les cinglaient de coups de fouet. On les contraignit à se déculotter pour mieux les frapper. Un Juif terrorisé, s'étant oublié dans son pantalon, fut contraint à enduire d'ordures la figure des autres.
Les Einsatzgruppen
Pour la Pologne, Heydrich décide la formation de cinq « Einsatzgruppen », soit un groupement pour chacune des cinq armées de l'offensive.
Chaque groupement SS est lui-même composé de commandos SS en mission spéciale, d'environ cent cinquante hommes. Ces derniers ont été recrutés dans les rangs des SD et de la police régulière en uniforme (police nationale ou gendarmerie).
Leur mission est double : empêcher par tous les moyens la formation de poches de résistance ou de mouvements de guérilla.
commandos SS en Pologne
ville de Bromberg 1940
suivant