Objectif... Détruire les sous-hommes

Des exécutions réalisées avec "méthode et conscience"

Les rapports des commandos
A KIEV, nous avons avisé la population juive par des affiches d'avoir à se regrouper en vue d'une prochaine déportation. 30 000 personnes sont venues. Toutes ont été exécutées. » Des dizaines de rapports similaires s'abattent, à l'automne 1941, sur le bureau de Heydrich. Ils proviennent des véritables commandos de la mort.
« Les Juifs de la ville ont été avisés d'avoir à se trouver aux lieu et place indiqués, en vue de leur hébergement dans un camp. 34 000 hommes, femmes et enfants se sont présentés. Tous ont été tués après que nous les eûmes contraints d'enlever leurs vêtements et les objets de valeur qu'ils portaient sur eux. Il nous a fallu plusieurs jours pour arriver à nos fins. »
En six mois, une poignée d'hommes sélectionnés par Heydrich abattent en Russie près de 500 000 civils, hommes, femmes, enfants de tout âge. On les massacre au revolver, au fusil, à la mitrailleuse, dans les champs, dans les rues, sur les places publiques.
Une immense fosse
Souvent on leur fait creuser une immense fosse. Pendant des heures, ils travaillent sous la menace des armes. Soudain, les SS aboient. Le tombeau est assez grand. Il est l'heure de mourir. Ils remontent. Parfois ils doivent se dévêtir et poser leurs vêtements en des endroits précis. Puis ils s'alignent, debout ou à genoux, au bord de la fosse, sur le parapet formé par les remblais. Ils entendent dans leur dos le cliquetis des chargeurs qu'on enclenche, des culasses qu'on arme. Les salves crépitent. Des corps basculent dans la fosse. D'autrés s'affaissent sur place. Les SS s'approchent et, du pied, les poussent dans leur tombe. De la tranchée montent les gémissements, les hurlements de ceux qui n'ont pas eu droit au coup de grâce. Certains lèvent un bras pour montrer qu'ils vivent encore. Des ruisseaux de sang coulent le long des remblais.
Une nouvelle vague de « sous-hommes » est poussée au bord de la fosse. Les mitrailleuses se déchaînent. Une nouvelle couche de cadavres recouvre la précédente. Et le scénario reçommence jusqu'à ce que la tranchée soit remplie.
C'est la grande escalade vers le génocide, vers l'exécution de deux objectifs théoriquement distincts mais étroitement interdépendants : la solution finale de la question juive et la colonisation de l'Est.

Le comportement d'un bon SS
Selon Himmler, voici comment doit se comporter un bon SS envers les populations slaves :
« Un membre de la SS doit être honnête, convenable, fidèle et bon camarade envers ses compatriotes, mais pas envers les représentants d'autres pays. Par exemple, le destin d'un Russe ou d'un Tchèque ne l'intéresse pas. Dans ces peuples nous prendrons tout ce qui est de bon sang, nous leur volerons même leurs enfants, et nous les élèverons chez nous.
« II nous est absolument indifférent de savoir dans quelles conditions ces peuples vivent, dans le bien-être ou dans la misère. Ce problème nous intéresse seulement du point de vue de notre besoin d'esclaves pour le développement de notre culture. Que dix mille femmes russes crèvent d'épuisement en creusant un fossé antitank ne m'intéresse qu'autant que le fossé sera prêt pour l'Allemagne.
« Nous, Allemands, qui sommes les seuls au monde à avoir une attitude correcte vis-à-vis des animaux, nous aurons également uite attitude correcte vis-à-vis de ces bêtes humaines. Mais c'est un crime contre notre propre sang de se faire du souci pour eux et de leur apporter un idéal quelconque, qui rendrait l'existence plus difficile à nos fils et à nos neveux.
« Si quelqu'un vient me dire : « Je ne puis pas utiliser des femmes et des enfants à creuser des fossés, c'est inhumain, ils vont en, mourir », je dois lui répondre : « Tu es un meurtrier de ton propre sang, car si la tranchée n'est pas finie, alors ce sont des soldats allemands qui vont mourir, ce sont des fils de mère allemande, c'est notre propre sang. Notre souci, notre devoir, c'est notre peuple, notre sang. C'est à cela que nous devons penser, c'est de cela que nous devons nous soucier, c'est pour cela que nous devons travailler et combattre, et pour rien d'autre (...). Tout le reste nous est indifférent. Je désire que les SS se comportent ainsi envers les peuples -étrangers non germaniques, et surtout envers les Russes. »
commandos de la mort en Pologne
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