Leur cruauté dépassa, parfois, celle des hommes

Les gardiennes des camps étaient comme les autres ... Au début

« Elles provenaient de toutes les classes de la société allemande. J'ai rencontré en particulier une contrôleuse de tramways, une ouvrière d'usine, une chanteuse d'opéra, une nurse diplômée, une coiffeuse, une paysanne, une jeune fille de la bourgeoisie n'ayant jamais travaillé, une institutrice en retraite, une écuyère de cirque, une ancienne gardienne de prison, une veuve d'officier, etc.
« Les débutantes avaient l'air généralement effarées de leur premier contact avec le camp, et elles mettaient quelque temps avant d'atteindre le même niveau de cruauté, de débauche que les anciennes. C'était pour certaines d'entre nous un petit jeu assez amer de chronométrer le temps que mettait une nouvelle avant d'atteindre ses chevrons de brutalité.
« Pour une petite de vingt ans qui, le jour de son arrivée, était tellement peu au fait des bonnes manières du camp qu'elle disait « pardon » lorsqu'elle passait devant une prisonnière et qui avait été visiblement effrayée par les premières brutalités qu'elle avait vues, il a fallu exactement quatre jours avant qu'elle prît ce même ton et ces mêmes procédés qui étaient cependant, d'une façon tout à fait nette, nouveaux pour elle. Cette petite était sans doute particulièrement bien douée pour le registre spécial que nous étudions en ce moment.
« Pour les autres, on peut dire que huit à quinze jours, un mois au plus, représentaient une moyenne très normale d'adaptation. J'ai cependant entendu parler d'une très jeune Aufseherin qui n'avait pu s'habituer ni à la débauche de ses collègues ni à leur brutalité. « Elle pleurait beaucoup », et elle a fini par partir ».
Ike Koch, la chienne de Buckenwald
Ilse Koch exerça un droit de vie et de mort sur les détenus. Un détenu allemand a déclaré à Nuremberg:
Tous les prisonniers ayant des tatouages reçurent l'ordre de se présenter au dispensaire... Après qu'ils eurent été examinés. ceux qui portaient les tatouages les plus intéressants furent tués par piqûres. Leurs corps furent ensuite envoyés au service pathologique, où les morceaux de peau tatouée furent remis à la femme de Koch qui fit fabriquer avec cette matière rare des abat-jour. Cette déposition a paru par la suite sujette à caution. Mais l'extraordinaire cruauté d'Use Koch n'est pas douteuse. Elle faisait défiler des hommes nus dans la neige jusqu'à les laisser mourir de froid. Elle faisâit fouetter à mort des prisonniers qu'elle accusait de l'avoir regardée d'une manière lubrique.
Condamnée de nouveau à perpétuité le 15 janvier 1951 par un tribunal allemand, elle s'est suicidée dans sa cellule en 1967.
Irma Grese
Elle débuta à dix-huit ans à Ravensbrück en mars 1943. Elle sévit deux ans à Auschwitz et termina à Belsen. C'était une fille splendide.
Elle avait l'air d'un ange Un ange cruel qui se servait constamment d'un fouet qu'elle portait glissé dans une de ses bottes. Elle semblait jouir de la vue du sang, des cris des victimes, de la terreur qu'elle inspirait, de la haine mêlée de fascination qu'elle suscitait chez les détenues.
Elle fut pendue, à l'âge de vingt et un ans, le 12 décembre 1945, par le bourreau anglais Albert Pierrepoint
Plus redoutées que les hommes
« Les Aufseherinnen étaient, en général, de grosses filles bien portantes et solides. Elles n'étaient pas toutes des volontaires ; il y avait aussi parmi elles des requises, astreintes par la loi au travail et qui n'avaient pas choisi celui-là. Beaucoup n'avaient jamais été inscrites au parti nazi.
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