La division SS Das-Reich... Trois mois en France

Elle sème la terreur sur sa route, l'éclaboussant de sang, de feu

La mission confiée à Das Reich
La mission confiée à Lammerding par ses chefs consiste à maintenir à tout prix la liberté de communication entre les diverses unités de la Wehrmacht. C'est pourquoi la moindre action du maquis, sabotage de voies ferrées, attaque de dépôts de chemins de fer, mitraillage des voitures allemandes, doit être immédiatement suivie d'expéditions punitives qui frappent impitoyablement les civils qu'un hasard malheureux a fait vivre à proximité.
Fermes isolées, hameaux, villages et villes subissent à des degrés divers la fureur vengeresse des SS. Tantôt ceux-ci tiraillent au hasard sur les populations, tantôt, suivant un scénario qui paraît avoir été mis au point une fois pour toutes, ils rassemblent les habitants d'une localité sur la grand-place pendant que les maisons sont fouillées et pillées. Les otages sont parfois relâchés sans explication mais, plus souvent, certains d'entre eux, généralement les hommes, sont arrêtés et déportés.
A Montpezat-de-Quercy dans le Lot, un léger accrochage entre des maquisards et une patrouille SS à deux kilomètres de ce bourg comptant quinze cents habitants, provoque une action de représailles immédiate menée par un bataillon blindé. Bilan de l'opération : 4 maisons du bourg et 12 fermes brûlées, certaines après pillage, 4 civils tués dans des conditions abominables et 22 hommes déportés. Pendant que les « justiciers » opéraient, la population, rassemblée sur la place centrale, était tenue en joue par les mitraillettes et les fusils de leurs camarades. Plus de vingt localités du Lot, de la Dordogne et du Lot-et-Garonne seront, à des degrés divers, soumises à un traitement similaire.
Oradour, ce n'était pas un hasard

Le convoi SS fait son apparition le 10 juin à 14 heures. Aussitôt les dispositions de bouclage sont prises. Elles consistent à empêcher les habitants de s'enfuir à travers champ et de les refouler vers la place centrale. Puis les hommes sont séparés des femmes et des enfants qui sont enfermés dans l'église. Dickmann ordonne aux otages de se séparer en cinq groupes, d'inégales importance, qui sont dirigés vers les locaux les plus vastes du bourg : deux hangars, un chai et deux garages. Enfin une mitrailleuse est mise en batterie devant chacune des entrées. A. 15 heures, tous ces préparatifs sont terminés.
Pendant près d'une demi-heure, les SS et leurs futures victimes restent face à face. Les hommes commencent à reprendre espoir, convaincus qu'aucune arme de guerre ne sera découverte au cours de la fouille des maisons et que, bientôt, ce malentendu prendra fin. Mais, à 15 h 30, Kahn tire en l'air un coup de revolver. C'est le signal. Aussitôt, les mitrailleuses crachent le feu et fauchent les hommes à quelques mètres de distance.
Bientôt un amas de corps sanglants recouvre le sol. Une fois que le tir a cèssé, les SS s'approchent et achèvent les blessés à bout portant. Pourtant, dans le hangar Laudy, deux blessés légers et trois habitants, miraculeusement indemmes pour avoir eu la présence d'esprit de se jeter au sol dès le début du mitraillage, parviennent à se dégager. Mais il leur faut encore se dissimuler lorsque les SS reviennent pour mettre le feu au bâtiment. Ces miraculés parviendront ensuite à se glisser à l'extérieur en abandonnant cinq autres blessés graves condamnés à une mort atroce au milieu des flammes.
Pendant ce temps, les femmes et les enfants enfermés dans l'église attendent qu'il soit statué sur leur sort. Tout le monde a entendu le tir des mitrailleuses sans comprendre exactement ce qui se passait. Vers 19 heures, deux SS viennent déposer sur l'autel une lourde caisse remplie de grenades asphyxiantes qui font explosion quelques minutes plus tard.
Au moment où une fumée suffocante commence à envahir l'église, une horrible panique précipite vers les portes cette foule hurlante. Mais les SS ouvrent le feu et c'est un affreux carnage. Puis l'église est incendiée, comme toutes les maisons du bourg, qui n'est plus dans la soirée qu'un immense brasier. Bien qu'il soit impossible de dénombrer exactement les victimes, on estime que 634 personnes ont péri à Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944.
Ce massacre est le seul que la Waffen SS, après la guerre, ait considéré comme « une tache à son drapeau ». Dickmann se serait rendu coupable de manquement aux ordres et, crime encore plus impardonnable, d'avoir retardé de deux jours la marche de son unité vers la Normandie.
das-reich
oradour avant le massacre
ruines d'oradour
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