La paix à n'importe quel prix

La conférence commença dans la soirée du 29 septembre 1938

A la suite de cette soudaine poussée de méfiance envers Hitler, on décida de rejeter les conditions de Godesberg. La Tchécoslovaquie put mobiliser sans l'opposition de la France et de l'Angleterre, et la France décréta même une mobilisation partielle. Les démocraties paraissaient enfin réagir devant le danger. Le 26 septembre, Hitler reçut un message de Chamberlain auquel il répondit par un véritable ultimatum : si le 28 septembre, à 14 heures, les Tchèques n'avaient pas accepté les revendications allemandes, les troupes du Reich pénétreraient sur le territoire des Sudètes à la date précise du octobre. Cependant, dans un discours qu'il prononça trois heures plus tard, et dans lequel il s'exprima en termes violents et grossiers à l'égard de Benès et de la Tchécoslovaquie, Hitler parla en termes modérés de la France et de la Grande-Bretagne, déclarant : « Ceci est la dernière réclamation territoriale que j'aie à faire en Europe. »
Quoi qu'il en soit, le mercredi 28 septembre, à 14 heures, Benès n'avait toujours pas fait sa soumission à Berlin. Une armée tchèque de plus d'un million d'hommes était en place derrière une ligne puissamment fortifiée, prête à s'opposer à toute agression allemande. L'armée française était partiellement mobilisée et le gouvernement britannique avait donné l'ordre à la Royal Navy de se tenir en état d'alerte.
C'est alors qu'à 15 heures Hitler adressa un message à Chamberlain et à Daladier pour suggérer une nouvelle et immédiate entrevue. Mussolini y assisterait également, mais les représentants des Soviets en seraient exclus, de même que ceux de la Tchécoslovaquie. Pour la troisième fois, le premier ministre britannique s'envola vers l'Allemagne.
A Munich, M. Chamberlain, au nom du peuple anglais et M. Daladier, au nom du peuple français, se déclarèrent prêts à payer n'importe quel prix pour la paix. La conférence commença dans la soirée du 29 septembre et le 30, à 2 heures du matin, les quatre parties apposaient leurs signatures au bas d'un mémorandum : l'ultimatum de Godesberg était pratiquement accepté. Les troupes allemandes entreraient, le 1er octobre, dans le territoire des Sudètes, dont l'évacuation devrait être terminée pour le 10 octobre. Une commission internationale déciderait, par la suite, du tracé des nouvelles frontières de la Tchécoslovaquie qui perdrait, sans aucun doute, dans l'opération, sa ligne de fortifications occidentale.
mobilisation avant munich
armee de la tchécoslovaquie
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