Une voix dans le désert

Après Munich, Churchill ne se laissa pas abuser.

Au cours des années 30, Winston Churchill n'occupait aucun poste au gouvernement. Beaucoup pensaient qu'il avait entièrement « vidé son carquois » et qu'il n'était plus rien que l' « enfant terrible » de la politique anglaise. Bien peu avaient compris la signification des mises en garde en face de la montée de Hitler et du national-socialisme. Plus Hitler accumulait les succès et moins la voix de Churchill trouvait audience. Même après Munich, lorsque les Anglais se réjouissaient, Churchill ne se laissa pas abuser. Au cours d'une allocution à la Chambre des communes, il proclama :
« Je ne reproche pas à notre loyal et généreux peuple qui était prêt à faire son devoir à quelque prix que ce fût, qui n'a jamais fléchi sous la tension de ces derniers jours — je ne lui reproche pas cette explosion de joie spontanée, et toute naturelle, ce cri de soulagement qu'il a poussé en apprenant que l'épreuve si redoutée ne lui serait pas imposée pour l'instant ; mais le peuple anglais doit savoir la vérité. Il doit savoir qu'il y a eu des négligences grossières et de grandes faiblesses dans l'organisation de notre défense ; il doit savoir que nous venons d'essuyer une défaite sans avoir fait de guerre et que les conséquences de cette défaite nous accompagneront longtemps ; il doit savoir que nous acons couvert une terrible étape de notre histoire, quand l'équilibre de l'Europe a été bouleversé... et ne croyez pas que ceci soit la fin. C'est seulement le début de l'expiation. C'est seulement la première gorgée, l'avant-goût de la coupe d'amertume qui nous sera offerte jour après jour, tant que nous n'aurons pas recouvré assez de santé morale et de vigueur martiale pour nous relever et reprendre, comme jadis, notre place à la pointe du combat pour la liberté. »
Churchill et les accords de Munich
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