Pearl Harbor ... Le plan japonais

La folle audace du plan de l'amiral Yamamoto

Manque de pétrole
Un ultimatum somma la France de céder des bases terrestres, navales et aériennes dans le sud de l'Indochine. Les Français furent obligés d'accepter les exigences nippones le 24 juillet 1941. Le 26, Roosevelt y répliqua en gelant tous les avoirs japonais aux Etats-Unis. Tokyo se trouvait donc dans l'impossibilité absolue d'importer le pétrole si l'Amérique ne cédait pas. Le Japon n'avait d'autre ressource que d'occuper la zone Sud car ses stocks de carburant étaient insuffisants pour lui permettre de soutenir une grande guerre.
L'empereur fut pleinement informé de la situation critique dans laquelle se trouvait son pays.L'amiral Nagano, déclarait, le 31 juillet, que le Japon était « comme un poisson nageant dans une mare qu'on asséchait lentement ». Alors qu'en 1940 il était encore en mesure de se décider pour ou contre une entreprise de conquête de l'Asie du Sud-Est, l'empire nippon était, en juillet 1941, le dos au mur. Il fallait assurer le ravitaillement du pays en pétrole afin que le Japon demeurât une grande puissance. Le Japon devait, par conséquent, s'emparer de la zone Sud.
Un plan d'une folle audace
Le seul véritable obstacle au bon déroulement d'une intervention japonaise dans le Sud-Est asiatique demeure la flotte américaine du Pacifique mouillée à Hawaï. Une fois celle-ci mise hors d'état de nuire, le Japon bénéficiera d'un répit suffisant pour achever victorieusement sa campagne en Asie orientale. Alors germe dans l'esprit de Yamamoto un plan comportant deux phases simultanées : tandis que l'aviation embarquée attaque la flotte américaine à Pearl Harbor, l'armée et la marine amorcent un vaste coup de faux en direction de la Malaisie, la Birmanie, Hong-Kong, Singapour et les Philippines. Un plan osé, mais dont la folle audace est le gage d'un succès d'autant plus grand que la surprise sera totale pour l'ennemi.
Les difficultés japonaises sont résolus
En 1941, le Japon dispose de la meilleure torpille du monde. Mais, le problème majeur consiste à la lancer avec précision et efficacité dans une rade étroite et sans profondeur sous le feu nourri de la D.C.A. ennemie. Les torpilleurs doivent maintenir un cap rectiligne, à 10 mètres d'altitude et à 180 km/h. Train d'atterrissage et volets sortis en grand pour freiner sa vitesse. Un entraînement poussé permet de porter l'altitude de lancer à 20 mètres et la vitesse à 290 km/h. Ce n'est que fin octobre que sont livrées les premières torpilles à faible immersion, indispensables à la réussite de l'opération. Pour éviter aux torpilles de plonger à plus de douze mètres, des ailerons en bois ont été fixés sur leur corps. Il ne reste plus qu'à espérer que les Américains n'ont pas dispose de filets anti-torpilles autour de leurs navires !
C'est aussi pour cette raison que Yamamoto retient le principe d'envoyer également des bombardiers horizontaux classiques. Mais lorsque commence l'entraînement, leurs résultats sont loin d'être encourageants : un coup au but pour dix bombes larguées ! Il leur faut travailler ferme. Et ils s'y emploient. En quelques mois, les chances de réussite atteignent 60 % à 3 000 mètres d'altitude.
Promenades sentimentales d'un espion japonais
A Honolulu, A dix kilomètres de Pearl Harbor, s'est installé comme chez lui, un espion japonais : l'homme qui permit le plus dramatique guet-apens de l'Histoire. Il se nommait l'enseigne de vaisseau Morimura et avait la mission d'étudier la situation politique des misei, enfants japonais nés aux Iles Hawaii. Sa mission ne parut pas anormale aux autorités américaines, puisque 158 000 résidents japonais vivaient aux Iles.
Peu après son installation au consulat, on le vit tomber amoureux d'une petite servante misei avec qui il effectuait de nombreuses promenades sentimentales à travers l'île d'Oahu. Il se penchait aussi sur la flore hawaiienne et les fleurs semblaient le passionner.
Le contre-amiral Kusaka, chef d'état-major de la première escadre nippone, demanda à Morimura de lui fournir des précisions supplémentaires et l'on vit " Monsieur l'attaché " se passionner pour la pêche sous-marine, puis, déguisé en ouvrier philippin, travailler dans un champ de canne A sucre qui domine, par hasard, le mouillage des cuirassés. Enfin — on croit rêver — il parvint à se faire engager comme plongeur dans les cuisines d'un torpilleur américain alors en manceuvres.
avion-torpilleur japonais
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