Organisation de l'évacuation des Anglais à Dunkerque

Ramsay avait à résoudre des problèmes presque insolubles

Problèmes presque insolubles
L'amiral Ramsay avait à résoudre des problèmes presque insolubles. Douvres n'était absolument pas adaptée à l'incroyable concentration de navires qu'exigeait l'opération Dynamo. Bientôt, vingt bâtiments à la fois durent être mouillés à quai, à raison de trois par poste, tandis que les autres navires se succédaient le long des bouées-coffres pour mazouter ou embarquer des provisions. A Dunkerque, la situation était pire encore. La ville et les quais subissaient depuis plusieurs jours de violents bombardements. Les conduites d'eau et les canalisations électriques étaient coupées, les docks hors d'usage. Il ne restait qu'une jetée et deux môles — celui de l'ouest, qui se trouvait à l'extrémité des installations pétrolières, et celui, plus important, de l'est, étroite jetée de planches qui s'étendait sur plus d'un kilomètre à l'intérieur de la rade. Le mouillage des navires le long de ce dernier môle était difficile même lorsqu'une intervention ennemie ne compliquait pas les choses.
Ce fut l'enfer
Pour les équipages des navires, la pire épreuve était sans conteste le tir des batteries de la région de Calais et les bombardements aériens.
Le capitaine Duggan a raconté à quel point ce fut l'enfer sur son navire lorsqu'il se trouva pris sous le feu des batteries côtières : « Les obus sifflaient autour de nous. La première salve fut trop longue, la seconde trop courte. Je pensai que la troisième ferait mouche ; par chance, elle nous manqua, elle aussi. Le bâtiment était couvert d'éclats, surtout sur le pont des embarcations et le pont-promenade. Un bombardier Junkers piqua sur nous et largua cinq bombes qui nous manquèrent de peu. Pendant ce temps, nous étions toujours canonnés, encore que nous fussions à présent hors de portée. »
La rage au coeur
Toutes les unités françaises qui pouvaient le faire avaient maintenant atteint la côte, certaines après avoir couvert à pied 160 kilomètres en 72 heures. L'entrée dans le camp retranché n'avait pas toujours été très facile, les Anglais, arrivés les premiers sur le périmètre, prétendant interdire l'accès de tout le matériel encombrant que les Français n'entendaient pas sacrifier après l'avoir préservé jusqu'alors.
Ce fut la rage au coeur, par exemple, que la 12e D.I. précipita dans les canaux ses canons de 25 intacts, et encore ne le fit-elle que parce que les homnfes étaient convaincus qu'on allait les embarquer sans délai.
Mais lorsque le général Janssen, commandant la division, rapportera du Bastion 32 l'ordre de se mettre en position sur la ligne du canal des Chats, alors que ses moyens de défense sont détruits, ce sera une explosion de fureur.
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