La couverture aérienne... La meilleure réplique

Tout au long de l'hiver 1942-1943, le sort des armes hésita...

Une couverture aérienne rapprochée constituait la meilleure réplique à ces attaques massives. Elle permettait de protéger les abords du convoi ou d'attaquer en liaison avec les indications données par les H.F.D.F. Les avions obligeaient les sous-marins à plonger et les neutralisaient jusqu'à ce que le convoi fût hors d'atteinte. Dotés de radars et enfin de grenades sous-marines efficaces, ces appareils constituaient une menace mortelle pour les U-boote, traqués jour et nuit et incapables de recharger tranquillement leurs batteries. Dans ces conditions, ils préféraient opérer dans le « trou noir » de l'Atlantique où le Coastal Command, qui manquait de Liberator à long rayon d'action, ne pouvait assurer qu'une couverture aérienne intermittente.
C'est pour combler ce « trou » que des porte-avions d'escorte furent construits aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, à partir de coques de navires de commerce. Les quatre premiers entrèrent en service à la fin de l'été de 1942. Mais ils furent réservés à la protection des débarquements alliés en Afrique du Nord. Aucun d'eux ne put intervenir dans la bataille de l'Atlantique proprement dite. Toutefois, l'A venger joua un rôle déterminant, au mois de septembre, dans la défense d'un convoi à destination de Mourmansk.
Aussi, ce furent encore les navires de surface qui affrontèrent le gros de la lutte dans le centre de l'Atlantique. A cette époque, les Allemands réussissaient à déchiffrer les messages de l'Amirauté, ce qui leur permettait de « verrouiller » les routes maritimes. Tout au long de l'été, les meutes infligèrent de lourdes pertes aux convois. En août, un convoi lent, doté d'une escorte composite, perdit onze bâtiments en six jours de combats acharnés. Deux sous-marins furent détruits. Mais, en août, les U-boote réussirent à envoyer par le fond neuf cargos sans subir de pertes. De semblables désastres se répétèrent tout au long de l'automne et de l'hiver.
En octobre, un convoi à destination des Etats-Unis perdit sept navires, sans compter le destroyer canadien Ottawa. En outre, quatre cargos furent sérieusement endommagés et la meute ne perdit pas un seul de ses bâtiments. Si l'amiral Dönitz avait pu, alors, jeter dans la bataille toutes ses forces disponibles, il aurait probablement remporté une victoire décisive. Les Allemands furent ainsi à deux doigts de couper les communications entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Mais Hitler exigea le maintien d'un nombre important de sous-marins dans l'Arctique et en Méditerranée. Ainsi, tout 'au long de l'hiver 1942-1943, le sort des armes hésita, à un moment où les deux adversaires devaient affronter les violentes tempêtes qui balayaient l'océan.
porte avions d'escore en 1942
sous-marin allemand dans l'atlantique en 1942
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