Sa dernière image... Un destroyer fonçait sur lui

Dönitz décida de retirer tous les sous-marins de l'Atlantique Nord.

La crise de moral fut cependant de courte durée et la confiance revint avec l'arrivée à bon port des deux convois suivants, en dépit des attaques répétées de plusieurs meutes. En fait, on assistait enfin à la rencontre de tous les éléments qui allaient assurer la victoire sur les U-boote. C'est ainsi que le porte-avions d'escorte américain Bogue et un support group de destroyers britanniques avaient donné à ces convois une protection efficace. A la fin de mars, cinq support groups étaient prêts à passer à l'action et l'un d'eux agissait en étroite liaison avec le porte-avions britannique Biter.
Au même moment, une flotte de quatre-vingt-dix-huit sous-marins sortis des ports français ou allemands faisait route vers le centre de l'Atlantique pour livrer la bataille décisive. Des convois furent localisés avec précision. Mais, à la grande surprise des Allemands, les techniques pourtant éprouvées de la formation des meutes se soldèrent, cette fois, par une faillite complète. A peine un U-boote venait-il d'envoyer le signal radio conventionnel annonçant la prise de contact qu'il voyait surgir un Liberator ou l'étrave frangée d'écume d'un destroyer qui fonçait sur lui, alerté par le H.F.D.F.
Bien souvent, l'image, impressionnante, était la dernière pour l'équipage du sous-marin. Aucun autre signal radio ne devait suivre le premier message, et le quartier général de Dönitz n'avait plus qu'à rayer un bâtiment des listes de l'Ubootewaffe. Dans les meilleures conditions, le sous-marin devait rester en immersion, aveugle, impuissant, pendant que le convoi poursuivait sa route en toute sécurité.
A la fin d'avril 1943, cinq U-boote furent coulés à proximité de convois sans pouvoir enregistrer de succès importants. Cependant, Dönitz ne voulait pas s'incliner. Au cours du mois de mai, il découpla ses meutes contre les convois. Soixante sous-marins livrèrent une bataille acharnée de huit jours. A la fin du mois, douze navires de commerce avaient été coulés, mais ce succès dérisoire avait coûté à l'assaillant la perte de huit sous-marins, sans compter les bâtiments sérieusement endommagés.
L'étendue des pertes et les récits des survivants entraînèrent une baisse du moral des sous-mariniers. Beaucoup de bâtiments renoncèrent à poursuivre leurs attaques à fond, ce qui ne les empêchait pas d'être détectés et surpris en surface par des navires ou des avions. Rien qu'au cours du mois de mai, 41 U-boote disparurent, 25 furent coulés par l'aviation ou les forces de surface, 7 autres, lors de la traversée du golfe de Gascogne, furent victimes d'avions équipés de radar. Dönitz finit par reconnaître sa défaite et il décida de retirer tous les sous-marins de l'Atlantique Nord.
u-boote mitaillé par un avion
commandant d'un u-boote
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