La poursuite impitoyable des Swordfishs et des destoyers

Pas de répit pour le Bismarck touché par une torpille...

Treize torpilles contre le Bismarck
Quelques minutes après le repérage du Bismarck par le Catalina, les Swordfishs de l'Ark Royal signalèrent également le Bismarck et ils ne le lâchèrent plus. Tout au long du jour, ils le suivirent, signalant sa position à l'amiral commandant la « force H », embarqué sur le Renown.
Au cours de la journée, le temps s'était rapidement détérioré. Alors que les Swordfish décollaient, l'Ark Royal se mit à tanguer sur une mer houleuse si bien que son pont d'envol s'élevait et s'abaissait sur une hauteur de dix-sept mètres ! Le ciel était couvert de nuages épais et, pour découvrir l'objectif, l'aviation ne put que faire confiance au radar de l'avion de guidage. Celui-ci localisa un bateau à 20 milles du point supposé du Bismarck et, plongeant à travers les nuages, les quatorze Swordfish attaquèrent. Ils lâchèrent onze torpilles. Les avions découvrirent trop tard qu'en fait d'ennemi, il s'agissait du Sheffield ! Heureusement, les torpilles manquèrent leur cible. Alors que l'escadrille rejoignait l'Ark Royal, un des avions envoya un message au Sheffield : « Désolé »
A 17 h 20, l'escadrille apponta sans incident. Tandis que le plein était fait, et que de nouvelles torpilles étaient embarquées, les pilotes reçurent l'ordre d'entrer en liaison avec le Sheffield avant d'attaquer ; le croiseur devait les diriger sur l'objectif.
Sur le pont de l'Ark Royal, c'était une vision impressionnante que celle de ces Swordfish alignés pour l'envol. De grosses bourrasques de pluie balayaient le pont et le bateau tanguait sur la mer déchaînée. Choisissant l'instant où l'avant se relevait, les avions décollèrent.
Une demi-heure plus tard, les Swordfish repéraient le Sheffield. Un message optique du croiseur les orienta vers l'ennemi, alors à 12 milles au sud-est. Lorsque les Swordfish approchèrent du Bismarck, ils s'enfoncèrent dans une épaisse couche de nuages qui plafonnait à 210 mètres. En la traversant, la force de frappe se dispersa, car l'attaque projetée et combinée devait s'effectuer individuellement par différentes vagues.Les quinze avions qui avaient décollé de l'Ark Royal lâchèrent treize torpilles sur le Bismarck ; leur attaque se heurta au tir de l'ennemi, mais en dépit de son intensité et de sa précision, ils menèrent à bien leur mission avec une farouche résolution. Après son appontage sur l'Ark Royal, outre les blessures de son pilote et de son tireur, on découvrit qu'un Swordfish était criblé de plus de cent éclats d'obus.
Avaries sur le Bismarck
Sur treize torpilles lâchées, il y eut deux impacts certains et un probable. Une torpille toucha le Bismarck par le travers à bâbord mais ne provoqua pas d'avarie. Une autre explosa à tribord sur l'arrière ; ce fut elle qui scella son destin. Elle endommagea ses hélices de tribord, démolit son servomoteur et bloqua ses gouvernails. Deux des avions d'observation de l'Ark Royal constatèrent après l'attaque que le Bismarck décrivait deux cercles complets et réduisait sa vitesse à un peu plus de 8 noeuds.
Harcèlements des destroyers contre le cuirassé allemand
Alors que, leur mission achevée, les avions du raid appontaient sur l'Ark Royal, dans la nuit farouche, le Bismarck tenu en alerte vit venir à lui un nouvel ennemi pour le harceler. A l'horizon, qui s'assombrissait au nord-ouest, se découpaient les silhouettes de cinq navires : les destroyers. Ceux-ci, pendant toute la nuit, ne laissèrent aucun répit au malheureux bâtiment et, au matin, le livrèrent aux canons vengeurs du commandant en chef britannique.
Toute la nuit, ils gardèrent le contact avec l'ennemi blessé et l'attaquèrent à la torpille, lorsque l'occasion s'en présentait. Quoique désemparé par les Swordfish de l'Ark Royal, qui avaient endommagé ses hélices, le Bismarck avait encore la force de se défendre lui-même et son tir restait dense et précis. A maintes reprises, il repoussa les destroyers, alors qu'ils se rapprochaient séparément pour l'attaquer, et quoique parfois l'un d'eux perdît le contact, il s'en trouvait toujours un autre pour assurer la relève. Par trois fois, des torpilles l'atteignirent encore, mais on ignore si elles provoquèrent de plus graves avaries.
Quand le jour se leva, les destroyers guettaient toujours leur proie. Au cours de la nuit où se déroula l'attaque des destroyers, tous les membres de l'équipage restèrent mobilisés aux postes de combat. Les haut-parleurs du navire diffusait de fréquents communiqués énumérant les succès remportés contre les destroyers. Personne ne fit le compte de ceux qui furent prétendument coulés ou mis en flammes. Mais l'équipage, épuisé, savait, en revanche, que, quel que fût le nombre des navires mis hors de combat, il y en avait d'autres prêts à attaquer de nouveau. Aucun des destroyers britanniques ne fut endommagé par les obus du Bismarck, qui manquèrent souvent de peu leur but. Lütjens avait annoncé, à l'aube, que l'aviation allemande arrivait pour assurer la couverture aérienne du Bismarck, que les U-boote allemands se rassemblaient pour couler les navires britanniques qui oseraient approcher t. Ces nouvelles paraissaient à présent si manifestement fausses que personne à bord n'y croyait.
torpilles contre le bismarck
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