La bataille des quais de la Vistule

Ici non plus, les Allemands n'épargnent personne

Les 14, 15 et 16 septembre, la 25e division de panzers (qui vient d'arriver) contraint les unités polonaises de Zoliborz à s'éloigner du fleuve d'environ huit cents mètres. En même temps, les Allemands attaquent au sud de la ville et arrivent à s'emparer, là aussi, des quais de la Vistule.
A présent les Polonais ne tiennent plus qu'un étroit couloir sur la berge du fleuve, au sud du pont Poniatowski et au nord de Czerniakow. Elle est défendue par des éléments du « quartier » concerné, que renforcent des troupes d'élite qui se sont repliées de la vieille ville. Ces forces sont dirigées par le lieutenant-colonel Mazurkievicz (» Radoslaw » en code). Le 11 septembre, les Allemands lancent une très violente attaque dans ce secteur. Une bataille acharnée s'ensuit, qui se poursuit jour et nuit dans un espace très restreint. Les immeubles changent de main à plusieurs reprises. Les attaques succèdent aux contre-attaques et les combats se déroulent presque constamment au corps à corps. Ici non plus, les Allemands n'épargnent personne, et exécutent en masse les prisonniers, les blessés des hôpitaux et les civils.
La garnison du centre de la ville lance plusieurs attaques dans la direction de l'escarpement qui domine le théâtre des opérations sur la berge du fleuve, dans l'espoir de faire sa jonction avec les unités qui s'y trouvent. Elle remporte d'abord quelques succès mais ne peut les exploiter face à de puissantes contre-attaques ennemies. La liaison n'est pas établie.
Le 19 septembre, après huit jours et huit nuits de combats perpétuels, la bataille arrive à un tournant. Les Polonais, cernés dans un secteur qui n'a pas cinq cents mètres de long sur cinq cents mètres de profondeur, tirent leurs dernières cartouches. Ils ont épuisé leurs vivres et leurs médicaments. La seule eau dont ils disposent est celle du fleuve et ils ont atteint les limites de la résistance physique. Le lieutenant-colonel Radoslaw décide donc de replier une partie de ses forces sur Mokotow par les égouts. Le reste protégera l'évacuation des blessés graves vers les lignes soviétiques, de l'autre côté de la Vistule. Sous un feu terrible, ces unités résistent pendant deux jours en couvrant les embarcations qui traversent la Vistule de nuit, chargées de blessés. Malgré ce déploiement d'héroïsme, seuls quelques privilégiés parviennent à atteindre les lignes soviétiques et, le 23 septembre, les Allemands occupent les positions polonaises. Ils tiennent désormais toute la rive occidentale de la Vistule.
insurgés varsovie 1944
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