Les combattants de la liberté

En nombre, forces allemandes et polonaises s'équilibrent.

Le commandant en chef de l'armée de l'intérieur, le général Tadeus Komorovski (en code « Bor »), a décidé que ses troupes attaqueraient, le moment venu, les Allemands à Varsovie, soit pour abréger les combats et réduire les pertes, soit pour pouvoir accueillir en maître de céans l'armée Rouge lorsqu'elle entrerait dans la ville.
Bor estime que prendre rapidement Varsovie est de l'intérêt des Soviétiques : politiquement, parce que c'est la capitale de la Pologne ; militairement, parce que la ville, qui est le centre de communications le plus important et le mieux placé sur la Vistule, constitue le point de départ idéal pour une nouvelle avance vers l'ouest.
Le 25 juillet, Bor obtient l'accord de Jankovski, vice-premier ministre et délégué du gouvernement en exil, sur le principe d'une bataille de Varsovie. Les deux hommes informent ensuite de cette décision le présidium du parlement clandestin polonais, qui les autorise à agir.
le commandant en chef prévient alors le commandant du district de Varsovie, le colonel Antoni Chrusciel (en code « Monter »), et lui donne l'ordre de se tenir prêt. L'action se déroulera conformément au plan d'insurrection générale à laquelle les unités du district se préparent depuis trois ans.
Les Polonais vont devoir affronter un adversaire à peu près égal en nombre mais qui bénéficie d'une écrasante supériorité en armement et en moyens techniques et dispose en outre d'une couverture aérienne et d'un soutien blindé, toutes choses qui manquent évidemment à l'armée de l'intérieur.
A Varsovie même, les diverses unités de l'armée de l'intérieur alignent environ 38 000 soldats (le terme soldat convient ici beaucoup mieux que le mot homme, plus généralement employé, car, sur ces 38 000 soldats, il y a 4 000 femmes). En outre, les troupes appartenant au district de Varsovie et stationnées au voisinage de la ville comptent à peu près 11 000 combattants.
L'organisation de ces forces est la suivante : sept quartiers urbains et un quartier suburbain, divisés à leur tour en secteurs. L'armement, qui ne comporte que des armes d'infanterie lourdes et légères, ne peut équiper que 25 % des effectifs. Le stock de munitions suffit à couvrir les besoins de sept jours de combat et l'on compte, pour le reste, sur ce que l'on prendra aux Allemands et sur les parachutages, qui se poursuivent depuis trois ans déjà.
Outre les unités mentionnées plus haut,. il existe à Varsovie deux organisations indépendantes de l'armée de l'intérieur. Il s'agit de la N.S.Z. (Narodowe Sily Zbrojne : forces armées nationales), mouvement nationaliste d'extrême droite, et de l'A.L. (Armia Ludowa : armée du peuple), groupe communiste coopérant avec Moscou. Elles disposent, chacune, de quelques centaines d'hommes qui combattront par la suite aux côtés de l'armée de l'intérieur.
Le Q.G. polonais estime les effectifs de la garnison allemande à environ 40 000 hommes. Certaines unités ont été évacuées du 21 au 25 juillet, mais, chaque jour, d'autres arrivent, qui s'installent dans la capitale ou son voisinage immédiat et il y a toutes raisons de croire que, en nombre, forces allemandes et polonaises s'équilibrent.
armée de l'intérieur à Varsovie en 1944
armée de l'intérieur varsovie juillet 1944
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