Le châtiment ... Les bourreaux de Varsovie sont chatiés

Ils possèdent quelques fusils, revolvers, mitraillettes ...

Le général SS Stroop
Pour le grand courage qu'il a déployé à Varsovie, le général Stroop reçoit les félicitations d'Himmler, tandis que le feld-maréchal Keitel épingle sur sa poitrine la croix de fer de première classe. Le valeureux SS est si content des opérations menées par lui contre les Juifs qu'il fait relier en cuir son rapport officiel. Il s'agit de 75 pages dactylographiées sur beau papier, magnifiquement illustrées et intitulées : le Ghetto de Varsovie n'est plus. Outre des photos poignantes sur l'enlèvement de femmes et d'enfants, sur l'incendie des maisons, sur l'exécution de civils ou les divers épisodes du combat, le général s'est fait représenter au milieu de ses hommes, pensant ainsi passer à la postérité dans toute sa gloire.
Cependant la roue tourne. Après ses exploits à Varsovie, Stroop est envoyé en Grèce où il fait régner la terreur, puis il revient en Allemagne : il se signale alors par l'assassinat de prisonniers américains. La guerre terminée, il se cache avec deux cents membres du Wehrwolf, mais est pourtant fait prisonnier par les Alliés. Malgré son nouveau nom de Joseph Stramp, il est identifié et passe devant un tribunal américain qui le condamne à mort (novembre 1947). Cependant, les Polonais réclament l'extradition du bourreau de Varsovie. Un nouveau procès va s'ouvrir. Stroop sera finalement pendu en 1950, sur les lieux de son crime.
Hans Franck
Les derniers jours de Frank sont encore plus spectaculaires. Pris avec 2 000 hommes dans la région de Berchtesgaden, l'ancien gouverneur général de la Pologne remit bénévolement aux Américains les 38 volumes de ses Mémoires, où, du reste, l'extermination des Juifs de Varsovie était racontée sur un ton de jubilation. Converti au catholicisme dans sa prison il montra un grand repentir de ses crimes, maudissant Hitler qui, selon lui, avait dégradé le peuple allemand et « représentait l'esprit du diable sur la terre ».
A Nuremberg, où il fut transféré pour le grand procès, il dut regarder, avec les autres inculpés, un film pris par les nazis eux-mêmes et montrant les scènes les plus affreuses du « nettoyage du ghetto ». On voyait en particulier les SS mitrailler de sang-froid femmes et enfants sortis par force de leurs cachettes. L'opérateur, ayant ensuite tourné sa caméra vers les soldats, avait filmé les figures des SS, têtes en arrière et riant de bon coeur.
La vue de ces atrocités bouleversa Frank. Lorsqu'il apprit sa condamnation à mort, il accepta la sentence comme un châtiment mérité et ajouta ces mots qui firent frémir de colère ses coïnculpés :
— Quand mille ans se seront écoulés, le crime de l'Allemagne contre les Juifs ne sera pas encore effacé.
general SS Stroop
hans franck
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