Premières tentatives de rommel pour prendre Tobrouk

Les défenses rudimentaires de la forteresse résistent

Les premières tentatives de Rommel pour prendre Tobrouk au terme de sa ruée à partir de MersaBrega se révélèrent infructueuses. Les défenses rudimentaires et improvisées construites par la 9e division australienne, renforcée de la 18e brigade de la 7e division, des débris de la 3e brigade blindée ainsi que d'un régiment de D.C.A., le tout sous le commandement du général Leslie Morshead, se révélèrent de taille à tenir tête au coup de boutoir de Rommel.
Au début du siège, le ravitaillement par voie maritime était aussi improvisé que les défenses du périmètre et que les barrages de D.C.A. qui tentaient de protéger le déchargement des navires. La situation s'améliora lors de la mise en service de navires spéciaux de débarquement, qui s'ouvraient directement par la proue et qui pouvaient ainsi débarquer très rapidement leur chargement de véhicules, de munitions et autres approvisionnements. Conçus pour pouvoir avancer jusqu'aux plages, ils furent d'un plus grand secours pour Tobrouk que les navires traditionnels, qui devaient accoster à l'unique quai, trop facilement repérable par l'ennemi.
De petites embarcations, conduites par des hommes à l'âme bien trempée, connurent des carrières mouvementées. Dans cet étonnant assemblage d'hommes et de navires (aux noms tels que Waterhen, Stuart, Eskimo Nell) régnait un profond esprit d'équipe. Ils s'entraidaient et se défendaient avec l'héroïsme du désespoir sous les coups de l'ennemi. Ils ressentaient tous les pertes subies avec la même douleur, surtout lorsqu'il s'agissait d'un navire-hôpital. Lorsque trois navires de ce type furent coulés par les bombardiers allemands, les destroyers se chargèrent de transporter les blessés.
L'escadre côtière subissait de lourdes pertes, particulièrement le jour, et, parfois, la navigation n'était possible que pendant les nuits sans lune. Les attaques étaient terribles ; celles qui furent dirigées contre les avisos Auckland et Parramatta, le 24 juin, alors qu'ils escortaient le précieux pétrolier Pass of Balmaha, donnent une idée de l'agressivité et de la puissance des forces de l'Axe. Lors de ces attaques, les bombardiers torpilleurs se joignirent à quatre-vingt-seize bombardiers en piqué pour couler l'Auckland et stopper le Pass of Balmaha. Les survivants se rappellent aussi l'aventure d'une goélette de pêche, prise aux Italiens, et commandée par le lieutenant australien Alfred Palmer. Elle effectuait de fréquentes et dangereuses missions nocturnes, mais fut attirée finalement dans un traquenard par les Allemands. Comme les autres navires, Palmer avait pour point de repère une lumière verte à l'entrée du port de Tobrouk ; or, une nuit, les Allemands allumèrent un signal similaire plus à l'est ; Palmer échoua son navire et les Allemands le capturèrent tandis qu'il creusait avec son équipe un petit chenal pour renflouer son bateau.
Les vedettes d'assaut allemandes rôdaient la nuit, espérant surprendre les convois de ravitaillement ; quelquefois, des sous-marins faisaient surface et engageaient un violent combat de près avec les chalands. Le 10 octobre, un chaland « chargea » un sous-marin ennemi et l'obligea à plonger ; la nuit suivante, deux autres chalands, qui revenaient de Tobrouk, se trouvèrent nez à nez avec le sous-marin U-75, commandé par le lieutenant Ecklemann, qui les coula.
stukas sur tobrouk en 1941
DCA dans tobrouk en 1941
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