Sable, béton, cavernes et barbelés

Le contrôle de Tobrouk était un danger constant pour l'adversaire

En temps de paix, Tobrouk était le principal débouché des produits d'un vaste et pauvre arrière-pays. Mais en temps de guerre, pendant la bataille d'Afrique du Nord, il devint un centre stratégique essentiel car toute opération vers l'est ou l'ouest était dangereuse pour ceux qui n'en étaient pas maîtres. Le contrôle de Tobrouk était donc un atout majeur. Tout d'abord parce qu'il permettait le déchargement des ravitaillements et des renforts qui, autrement, devaient être acheminés par des voies de communication longues et difficiles, soit d'Alexandrie d'un côté, soit de Benghazi de l'autre. En second lieu parce qu'il pouvait représenter, entre les mains d'une garnison tenace et déterminée, un danger constant pour le flanc de colonnes ennemies qui le contourneraient.
Winston Churchill lui-même en parla comme d'une base pour des « sorties offensives » et il déclara : « Seul un raid oserait dépasser Tobrouk. »
Les plans italiens des défenses de Tobrouk indiquent deux lignes d'ouvrages fortifiés et enterrés qui couvraient un périmètre de 50 à 60 kilomètres avec un rayon d'environ 30 kilomètres (voir la carte). Les défenses extérieures consistaient en une série de profonds abris de béton, souvent ingénieusement aménagés à partir de cavernes, et qui pouvaient contenir chacun trente à quarante hommes. Ces fortifications étaient reliées par des tranchées où, à intervalles de quelques centaines de mètres, étaient aménagés des emplacements de mitrailleuses, de mortiers ou de canons antichars. Les tranchées étaient surmontées d'une couverture légère camouflée sous une couche de sable qui les rendait invisibles même à quelques mètres. Un réseau de fil de fer barbelé, d'épaisseur très variable, allant par endroits jusqu'à 30 mètres, défendait l'accès des tranchées.
Devant cette ceinture de barbelés, les Italiens avaient construit un fossé antichars souvent ingénieusement aménagé dans un ravin naturel. Ce fossé aux flancs abrupts, profond de plus de deux mètres et large de plus de trois, avait pour but d'empêcher le passage de tout véhicule à chenilles. La ligne de défense principale se trouvait à 2 000 ou 3 000 mètres derrière les premières lignes de défense, et elle était conçue de la même façon, mais sans fossé antichars.
cavernes dans tobrouk en 1941
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