Bataille du 30 avril 1941

Les Australiens combattirent avec une ténacité remarquable

Rommel, rendu réaliste par ses premiers échecs, concentrait ses troupes en vue d'une attaque générale sur le périmètre de Tobrouk. Il devenait impatient car toute progression au-delà de la frontière était impossible sans tenir Tobrouk, mais ses préparatifs en vue de l'assaut ne furent terminés que le 30 avril.
La bataille commença ce même jour par un pilonnage continu de l'artillerie et des « Stuka ». Les défenseurs de la forteresse disposaient de bien pauvres moyens pour les combattre. Les armes automatiques firent office de pièces de D.C.A. et l'artillerie engagea le duel avec les pièces ennemies. Mais les munitions étaient en quantité limitée et comme la garnison ne pourrait être ravitaillée qu'à la prochaine nuit sans lune, soit une semaine plus tard, il fallait économiser et ne tirer qu'à coup sûr.
La maîtrise de l'air appartenait aux bombardiers en piqué allemands, car l'escadron de « Hurricane » de la R.A.F. avait été retiré du périmètre, le 25 avril ; les pistes, les ateliers de réparation et les dépôts de carburant étaient en effet à portée de l'artillerie ennemie.
Dès que les bombardiers eurent terminé leurs missions, l'infanterie et les chars allemands passèrent à l'attaque contre la partie ouest du périmètre. La garnison, cependant, n'avait pas été écrasée, loin de là, et les Allemands et les Italiens se heurtèrent à un feu meurtrier de l'artillerie et des chars anglais appuyés par l'infanterie australienne.
A propos de cette bataille Rommel écrivit plus tard : « Les Australiens combattirent avec une ténacité remarquable. Même les blessés résistèrent jusqu'à la mort. C'étaient de grands solides gaillards : une des formations d'élite de l'Empire britannique. »

A la fin de la journée, les Allemands et les Italiens avaient réussi à pénétrer dans les lignes de défense de Tobrouk et à établir un saillant de 3 kilomètres dans les positions australiennes, à l'ouest du périmètre. Ils occupaient ainsi la colline de Ras-el-Madaouar, qui dominait une grande partie des positions alliées.
Décidé à conquérir la forteresse, Rommel lança, le lendemain, des troupes fraîches dans la bataille afin d'exploiter cette position clé qu'était le saillant Ras-el-Madaouar. La bataille fit rage jusqu'au 4 mai, sans que les assaillants puissent améliorer leurs positions.
Ras-el-Madaouar demeurait pour la garnison assiégée une menace constante et, malgré les activités sporadiques qui eurent lieu dans les autres secteurs du périmètre à partir du 4 mai, c'est dans le secteur ouest que fut défendu Tobrouk. En cet endroit, une brèche avait été ouverte dans l'anneau extérieur le plus solide des fortifications permanentes, et les deux adversaires avaient creusé hâtivement des tranchées individuelles. Ce secteur ouest représentait, en quelque sorte, le « ventre mou » de Tobrouk, et c'est là que les Allemands et les Italiens concentrèrent leurs efforts.
Après un mois de siège, les environs de Tobrouk offraient un aspect désolé ; partout gisaient des carcasses de chars et de véhicules calcinés. La ville elle-même n'était plus que ruines où, seule, était restée debout une maison, que le général Morshead utilisait comme P.C.
tobrouk-1941
australiens dans tobrouk en 1941
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