La retraite de rommel

Les généraux anglais trouvèrent particulièrement amer le prix de la victoire !

retraite des allemands à el alamein
Un calme anormal descendit alors sur le champ de bataille. Sur des kilomètres, le sable était jonché de carcasses de chars achevant de se consumer, au milieu de casquettes blanc-gris de l'Afrika Korps, de caisses à munitions vides, de barils de goudron, de barbelés et même de cartes postales. A côté des cadavres en putréfaction, traînaient les dernières lettres des êtres chers. «Nous sommes très heureux que tu aies quitté le terrible désert pour la magnifique Egypte», écrivait une mère à son fils. Sur la lettre d'une Italienne, étaient griffonnés ces mots: «Sois toujours un brave soldat, mon chéri, et que saint Dominique te protège!»
Beaucoup de généraux anglais trouvèrent particulièrement amer le prix de la victoire: 13 500 tués, blessés ou disparus en douze jours. Comme on emportait sous ses yeux les cadavres de ses Highlanders, le major général Douglas Wimberley, de la 51e division, s'écria en pleurant: «Plus jamais!» John Currie de la 9e brigade blindée, à qui l'on demandait où se trouvaient ses régiments, montra ses douze derniers chars. «Les voilà», dit-il d'un air sombre.
Mais Montgomery exultait. Vêtu d'un simple chandail gris clair et de pantalons kaki, un foulard de soie noué autour du cou, il déclara aux correspondants de guerre réunis autour de lui : «Ce fut une belle bataille. Victoire complète, absolue.» Il ajouta, en donnant aux Allemands leur vieux surnom : «Les Boches sont finis, finis.»
C'était presque vrai, mais pas tout à fait. Sous la pluie battante qui noyait maintenant le désert, Rommel s'efforçait rageusement de sauver les restes de son armée. Mais la réalité était là, inexorable. Le sort de son armée en retraite vers l'ouest était d'ores et déjà scellé.
victoire des anglais à el alamein
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