La situation devient critique

Le général Koenig sait que le 10 juin sera le dernier jour...

Les postes de secours et le groupe sanitaire divisionnaire sont remplis de blessés. Une bombe d'avion a pulvérisé le bloc opératoire et le G.S.D. est en partie démoli.
L'aviation britannique essaie bien de ravitailler par air la position, mais les parachutes fonctionnent mal, la glace arrive pilée et les obus de 75 ne sont plus que du cuivre embouti. Le plasma, le sérum sulfamidé et les anesthésiques sont irrécupérables.
Le général Koenig sait que le 10 juin sera le dernier jour où il faudra tenir, le commandement allié lui a fait savoir que la résistance n'est plus essentielle pour le développement général de la bataille. Le 1" R.A. n'a plus qu'une unité de feu, alors qu'il lui en faudrait deux ou trois, les antichars et les mortiers n'ont plus que 50 coups par pièce.
Les réserves d'eau sont épuisées ; un ravitaillement par air procure 170 litres qui sont distribués aux blessés ; pour les vivres, il en reste un peu, mais on n'a guère le temps ni l'envie de manger. Le brouillard prolonge la nuit jusqu'à 9 heures et son humidité est appréciée des hommes.
A 13 heures, cent trente avions bombardent la face nord et, aussitôt, l'attaque débouche derrière un barrage violent d'artillerie ; dix chars l'appuient en roulant dans les éclatements.
La situation devient critique, la 9' compagnie (Messmer) est enfoncée, la section de l'aspirant Morvan, qui en formait le centre, est anéantie ; les Brenn carriers du 3/13' s'engagent et rétablissent la situation : un char est immobilisé.
Le harcèlement d'artillerie dure jusqu'à 19 heures, une centaine d'avions arrosent de nouveau la position, donnant le signal d'un nouvel assaut sur la face nord. L'artillerie tire dessus ses derniers obus et l'attaque est encore enrayée après deux heures de combat. Bir-Hakeim présente un aspect désolé, la fumée des véhicules qui brûlent monte jusqu'au ciel.
Mais la journée n'est pas finie, et elle promet d'être rude si les hommes en jugent par la vue de leurs officiers, qui se rasent avec leur dernier quart d'eau : ils doivent être corrects pour mourir.
La garnison va sortir de vive force, emmenant ses blessés et toutes les armes lourdes que les véhicules encore en état de marche pourront remorquer. Un passage dans le champ de mines, à la porte sud-ouest, est pratiqué de nuit ; l'infanterie à pied ouvrira un passage dans le dispositif ennemi et les véhicules se lanceront dans ce couloir. Tout ce qui ne peut être emporté est détruit. Deux compagnies restent sur place au B.M. 2, elles tenteront ensuite de sortir, si elles le peuvent...
defenseurs à bir hakeim
defenseur français à bir hakeim
bombardement de bir hakeim
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