Les prisonniers de Bir Hakeim

Ils représentent tout ce que leurs adversaires haïssent

Les deux généraux et les hommes qui ont réussi à se sortir de cette nasse n'en oublient pas pour autant ceux qui sont tombés aux mains des Allemands: légionnaires espagnols républicains ou, pis encore, Italiens et Allemands antifascistes, juifs, Noirs, etc. ils représentent tout ce que leurs adversaires haïssent. Ils ne sont que des représentants des «races inférieures » ou du «complot planétaire des judéo-bolcheviques, des francs-maçons et des gaullistes». Les Allemands veulent tout bonnement les passer par les armes — les autorités vichystes les condamneront également à mort par contumace. Pour les vainqueurs, les hommes capturés à Bir Hakeim ne portent pas d'uniformes et n'appartiennent à aucune armée régulière reconnue par l'Allemagne.
C'est ainsi que, le 12 juin, la radio de Berlin annonce que « les Français blancs et de couleur faits prisonniers à Bir Hakeim, n'appartenant pas à une armée régulière, subiront les lois de la guerre et seront exécutés ».
Dès qu'il a connaissance de ce communiqué, de Gaulle se précipite à la BBC et fait lancer dans toutes les langues un message : « Si l'armée allemande se déshonorait au point de tuer les soldats français faits prisonniers en combattant pour leur patrie, le général de Gaulle fait connaître, qu'à son profond regret, il se verrait obligé d'infliger le même sort aux prisonniers allemands tombés aux mains de ses troupes. » Avant la fin de la journée, la radio berlinoise fait marche arrière : « A propos des militaires français qui viennent d'être pris au cours des combats de Bir Hakeim, aucun malentendu n'est possible. Les soldats du général de Gaulle seront traités comme des soldats... »
prisonniers français à Bir-Hakeim
suivant