La journée du 8 juin 1942

A 7 h 26, très précisément, l'enfer se déchaîne

Rommel a fait venir ses meilleures troupes et les canons prévus pour le siège de Tobrouk. Il y a là les deux Stürme Staffe! du général, des pionniers et des unités d'assaut, sous le commandement du colonel Hacker. Un peloton de cinq chars lourds et les canons de 88 qui vont tirer à vue directe sur le camp français.
Le brouillard épais qui aveugle les défenseurs en ce matin du 8 juin cache la mise en place de ces spécialistes, et vingt-deux avions tournent au-dessus du camp, attendant que la brume se lève.
A 7 h 26, très précisément, l'enfer se déchaîne. Bombes d'avions, grosse artillerie pilonnent le quartier. Tout le monde tire, d'ailleurs : les chars, les 88, les 50 qui protègent les pionniers d'assaut progressant, mètre par mètre, dans le champ de mines.
Leurs efforts sont un instant ralentis par la R.A.F qui les mitraille en rase-mottes, mais, vers 11 heures, la canonnade croît encore en intensité ; les groupes d'assaut allemands passent à l'attaque sans succès.
Vers midi, la R.A.F. intervient de nouveau et d'une manière très efficace : l'attaque est enfin enrayée. Mais l'observatoire d'artillerie ne répond plus, le P.A. 186, les Mamelles, le P.A. Jacquin sont littéralement labourés par les obus, et plusieurs des antichars sont détruits. Les blessés sont évacués avec peine. Deux sections de renfort vont renforcer la 6' compagnie du B.M. 2, qui a particulièrement souffert, mais il n'en arrive pas même la moitié.
Sans même laisser le temps de souffler les défenseurs, le bombardement d'artillerie reprend, soixante bombardiers Junkers joignent l'éclatement de leurs bombes à ce concert.
Les Brenn carriers du B.M. 2 contre-attaquent, tandis que ceux du 2/13° et du 3/13" prennent position entre les P.A. de Roux et Jacquin.
Partout nos véhicules flambent. Un soleil bêtement indifférent dispense sa chaleur accablante sur ce tas de poussière dans lequel Français et Allemands s'affrontent.
Dans le courant de l'après-midi, la R.A.F., répondant à l'appeldes français, intervient quatre fois, volant à ras du sol et mitraillant le colonel Hacker et ses soldats. La 7° brigade motorisée britannique, dont le tir arrosait les attaquants, est repoussée.
Rommel lui-même entre dans le passage de mines; il emmène ses batteries derrière lui et roule le long de la brèche, sans se soucier de sa personne, en criant Vorwärts ! pour les Allemands et Avanti ! pour les Italiens . Mais, à partir de 17 heures, l'attaque ne progressera plus, le tir allemand de neutralisation continuera cependant.
Ce même après-midi, au sud et à l'est, une attaque démarre soutenue par des chars et des canons d'appui. Un bombardement de 35 Junkers prélude à l'affaire et l'artillerie lourde s'en mêle. Des véhicules flambent sur la position et un dépôt de munitions saute.
L'attaque ennemie n'est heureusement pas menée à fond et est obligée de s'arrêter.
Le calme revient enfin avec la nuit qui tombe. Rommel est de retour dans son camion P.C., il écrit sur son carnet de route : « ... Malgré son mordant, cet assaut fut stoppé par le feu de toutes les armes dont disposaient les assiégés. C'était un remarquable exploit de la part des défenseurs qui, entre-temps, s'étaient toujours trouvés encerclés. »
un défenseur de Bir hakeim
attaque allemande sur Bir Hakeim
artillerie française dans bir hakeim
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