La France se décide à déclarer la guerre à l'Allemagne

Et, ce 3 septembre 1939, les Berlinois vont au théâtre.

Midi. L'ambassadeur de France, Robert Coulondre, se présente à la Wilhelmstrasse, porteur de l'ultimatum français. Une fois de plus, le ministre est absent. Coulondre devra attendre une demi-heure avant de remettre à Ribbentrop le texte fatidique : « Le gouvernement de la République a l'honneur d'informer le gouvernement du Reich qu'il se trouve dans l'obligation de remplir à partir d'aujourd'hui, 3 septembre, à 17 heures, les engagements contractés par la France, envers la Pologne et qui sont connus du gouvernement allemand. »
Un peu plus tard, à l'ambassade de France, Robert Coulondre prépare son départ. Les archives sont brûlées. Au début de l'après-midi, un cordon de policiers isole le bâtiment. L'ambassade de Grande-Bretagne est également protégée. Mais les Berlinois ne se livrent à aucune manifestation d'hostilité.
Il fait un temps radieux. Les promeneurs du dimanche sont nombreux et nonchalants sur la Wilhelmstrasse et tout au long du Kurfürstendamm. Au début de l'après-midi, la Première rhapsodie hongroise de Liszt est brusquement interrompue à la radio. Le speaker annonce la diffusion d'un communiqué très important. Dans le silence brutal, la voix du speaker : l'Angleterre s'est déclarée en état de guerre avec l'Allemagne. A 18 heures, ce sera le Führer qui parlera à son peuple, terminant sa diatribe contre les ploutocrates anglais par cette conclusion théâtrale : « Je pars ce soir pour le front. » A 21 heures, le paquebot britannique Athenia sera coulé par un sous-marin allemand, sans avertissement...
Dans l'après-midi, les Berlinois qui ne sont pas partis pour le front sont allés aux matches de football ou de hockey ou bien aux courses. Le soir, l'Opéra est comble. Au programme : La Bohème.
robert coulondre
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