Les alliés se hâtent lentement

Lenteur française. Exaspération britannique. Angoisse polonaise et fureur

Les Alliés se hâtent lentement pendant cette journée incertaine. Londres attend Paris. Paris espère en Rome. Mais Rome ne peut rien faire sans l'accord de Berlin.
Hitler fait savoir qu'il n'est pas opposé à la conférence que propose Mussolini. Une condition : que les gouvernements français et anglais ne lui présentent pas d'ultimatum. Les Anglais, de leur côté, donnent leur accord aux Italiens. Une condition : que les troupes allemandes quittent la Pologne. Hitler, dont les soldats volent vers la victoire, ne peut pas accepter cela. Mussolini, qui le sait, abandonne. Il se retire de la paix comme il s'est retiré de la guerre.
Alors, est-ce l'ultimatum immédiat, puisque le Führer n'a pas répondu à la mise en demeure de la veille? Non. C'est la pagaille.
Lenteur française : Gamelin a besoin d'un délai de quarante-huit heures pour achever la mobilisation générale, et le gouvernement français l'admet d'autant mieux que c'est évidemment la France qui devrait supporter le choc des armées allemandes, et non l'Angleterre.
Exaspération britannique : Chamberlain voit son cabinet menacé au cours d'une séance houleuse à la Chambre, et Churchill, son vieil adversaire, ira des aboiements, quand il téléphonera à l'ambassadeur de France Corbin, aux larmes, quand ce sera à l'ambassadeur de Pologne Raczynski.
Lenteur française. Exaspération britannique. Angoisse polonaise et fureur : l'ambassadeur Lukasiewicz, perdant toute contenance et abdiquant toute diplomatie, ira jusqu'à vociférer des imprécations dans le bureau de Georges Bonnet :
— Dois-je en conclure, hurla-t-il, que la parole française n'a aucune valeur?
affiche en pologne en 1939
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