Une lettre du front

On peut dire qu'ils nous ont sonné les cloches !

Les brèches pratiquées dans leur système défensif et les pertes subies dans les premiers jours de la bataille avaient complètement démoralisé les Allemands. Dans une lettre adressée à son frère, un sous-officier, Otto Richter, dit
Mon cher Kürchen. Tu me connais. Je ne suis pas de ceux qui perdent la tête et qui s'affolent. J'ai toujours cru en notre mission et en la victoire. Mais aujourd'hui, ce seront mes adieux. Que cela ne te surprenne pas, je dis bien mes adieux. A jamais. Il y a peu de temps, nous partions à l'attaque. Tu ne peux pas te faire une idée de l'horreur et de l'accablement qui nous attendaient.
Nos soldats s'avançaient bravement, mais les Russes, de vrais démons, ne voulaient pas céder d'une semelle : chaque mètre nous coûtait la vie de plusieurs camarades. Et quand, à leur tour, ces excités nous foncèrent dessus, nous autres. qui essayions de nous sauver, on peut dire qu'ils nous ont sonné les cloches ! Nous avons abandonné Bielgorod hier. Nous ne sommes plus beaucoup... Dix-huit seulement, sur toute la compagnie. Et encore, nous n'avons pas trop à nous plaindre : à la 2e, ils ne sont plus que neuf !... Mon Dieu ! comment tout cela va-t-il finir ?...
soldat allemand sur le front de l'est
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