La défense du saillant de Koursk

Tout le personnel russe avait reçu un entraînement intensif.

Il vint à la connaissance des Russes que les Allemands préparaient une offensive décisive sur le front de l'Est. Grâce à un excellent service de renseignements, le haut commandement soviétique fut en mesure de reconstituer non seulement la conception d'ensemble et la direction générale des efforts principaux des forces allemandes, mais encore l'exacte composition de celles-ci, leurs positions, leurs ressources, la date de leur mise en place et, ce qui en découlait naturellement, le moment où l'offensive serait déclenchée.
Quand ils eurent analysé les plans allemands, les Soviétiques décidèrent de se tenir résolument sur la défensive dans le saillant, d'épuiser l'ennemi par une succession de combats sur des positions préparées et de parachever la destruction des forces de choc de l'Axe au cours de contre-offensives dans les zones d'Orel et de Bielgorod. Si cette dernière action se déroulait de façon satisfaisante, elle se transformerait en une offensive soviétique générale sur un immense front pour bousculer le prétendu « rempart oriental » de l'Axe, tout en liquidant la tête de pont du Kouban.
Des mesures méticuleuses furent prises pour écarter l'éventualité d'une percée du front par l'ennemi. Les lignes furent renforcées de nombreux canons, chars et avions, les plus grandes concentrations étant effectuées sur les axes qui semblaient les plus probables pour l'attaque. C'est ainsi que, sur le secteur tenu par la XlIle armée, qui couvrait l'axe le plus exposé, le long de la voie ferrée Orel-Koursk, la moitié presque des régiments d'artillerie de la réserve générale affectée au front furent installés. On dota encore cette armée du 4e corps d'artillerie d'assaut avec ses 484 canons, ses 216 mortiers et ses 432 lance-roquettes de campagne. On avait rassemblé là de quoi constituer une défense d'artillerie à peu près jamais réalisée auparavant : quelque 96 canons et mortiers d'un calibre supérieur à 76 par kilomètre de front, soit une fois et demie plus que la densité obtenue par les Allemands dans l'offensive qu'ils montaient.
Comme les Allemands comptaient sur l'emploi massif des chars pour enlever la décision, les commandants de front accordèrent un soin tout particulier à la défense antichars, qu'ils conçurent sous la forme de solides nids de résistance complétés par un réseau de champs de mines. Les réserves d'artillerie avaient été affectées et entraînées en conséquence, de même que les détachements mobiles de résistance, le tout en temps voulu. D'une façon générale, les nids de résistance disposaient des dotations suivantes : de 3 à 5 canons chacun, jusqu'à 5 armes antichars, de 2 à 5 mortiers, un nombre , de sapeurs oscillant entre un groupe et une section et un groupe équipé de mitraillettes. Sur les axes les plus importants, les nids de résistance antichars avaient jusqu'à 12 canons chacun. On n'avait pas lésiné sur le personnel, pas plus que sur le matériel.
Une lourde responsabilité reposait sur les forces aériennes tactiques, qui avaient reçu mission de coopérer avec les unités à terre pour repousser l'attaque allemande et assurer la supériorité aérienne. Et alors même que la préparation n'était pas achevée, les flottes aériennes avaient déjà lancé une série d'attaques contre l'ennemi, sur ses aérodromes, ses noeuds ferroviaires et ses concentrations de troupes.
Tout le personnel avait reçu un entraînement intensif en vue de la bataille qui se préparait : la priorité avait été donnée à la résistance aux attaques des chars et de l'aviation, ainsi qu'aux contre-attaques à mener contre un ennemi qui aurait percé nos défenses. Les conseils militaires des groupes d'armées, le commandement aux différents échelons, les organes politiques, le parti communiste et les organisations de jeunesse entreprirent tous un effort intensif pour soutenir le moral des troupes et leur apporter de meilleures conditions matérielles. On organisa pour ces troupes des discussions sur des sujets variés, sans oublier les divers moyens de s'opposer aux nouveaux chars ennemis.
defense de Koursk en 1943
artillerie soviétique à koursk en 1943
defense de koursk en 1943
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