L'opération Citadelle

Aucune offensive n'avait jamais été préparée avec plus de soin que celle-là

Des la tin de l'hiver, les Allemands préparèrent leur plan dans le moindre détail. Hitler donna, le 15 avril 1943, l'ordre d'attaquer sur le saillant de Koursk (opération « Citadelle »). Il était précisé :
Cette offensive revêt une importance capitale. Elle doit se conclure par un succès décisif et rapide. Dans la direction de l'effort principal, seront utilisés le meilleur matériel, les meilleures troupes, les meilleurs chefs et les plus grandes quantités de munitions. A chaque échelon, tous les chefs, tous les soldats devront avoir été convaincus à fond de l'importance primordiale de cette offensive. La victoire de Koursk doit être un phare que le monde entier verra s'illuminer.
En application des plans de l'opération Citadelle, l'effort principal à faire porter sur les forces soviétiques devait être double et venir du sud d'Orel, avec la IXe armée du groupe d'armées Centre, en même temps que du nord de Kharkov, avec la Ive armée blindée et le groupement tactique « Kempff », du groupe d'armées Sud. En dirigeant l'action sur Koursk, le haut commandement allemand comptait encercler et détruire les forces des fronts de Voronej et du Centre qui défendaient le saillant, raccourcir le front et, si l'opération était couronnée de succès, développer leur offensive sur les arrières du front du Sud-Ouest (opération Panthère). Ils n'écartaient même pas la possibilité d'une action consécutive vers le nord-est, pour tourner Moscou et prendre à revers la totalité des forces soviétiques au centre du front.
En face des fronts de Voronej et du Centre, les Allemands avaient concentré d'énormes forces : les effectifs se montaient à 50 divisions, dont 16 étaient blindées ou motorisées, soit près de 900 000 hommes avec quelque 10 000 canons et mortiers et 2 700 chars. Une force additionnelle de 20 divisions se trouvait sur l'aile de la force principale, prête à intervenir pour appuyer les troupes d'assaut.
C'étaient donc 70 divisions que les Allemands avaient à leur disposition pour la mission prescrite, plus du tiers de toutes les forces allemandes du front de l'Est, et dont à peu près le quart était constitué de panzers ou de divisions motorisées. Une flotte de plus de 2 000 appareils fournirait l'appui aérien. L'élite de la Luftwaffe se trouvait sur place : le groupe de chasse 51 (« Môlders »), la légion « Condor » et bien d'autres.
Étant donné l'importance attachée à une telle opération, l'0.K.H., état-major général de l'armée de terre, étudia et modifia plusieurs fois le plan Citadelle, Hitler ayant dit à plusieurs reprises qu'il ne fallait absolument pas échouer. Les divisions qui devaient prendre part à l'offensive furent mises au repos et complétées au maximum de leurs tableaux d'effectifs en hommes et en matériel. On accorda une attention particulière au terrain et au système défensif des Soviétiques à l'intérieur du saillant. D'après le général allemand Mellenthin, chaque mètre carré en avait été photographié d'avion. Comme il l'écrit dans son livre Batailles de panzers, 1939-1945, « aucune offensive n'avait jamais été préparée avec plus de soin que celle-là ».
L'entraînement, lui, avait été rendu aussi réaliste que possible ; les tirs pratiques et les exercices tactiques s'étaient succédé régulièrement. En avril, le général Guderian, à l'époque inspecteur général des blindés, avait inspecté les unités de panzers. Ainsi que devait l'écrire plus tard l'un des membres de l'état-major de l'O.K.W., le général Erfurth, « tout le potentiel offensif que l'Allemagne avait pu rassembler fut jeté dans l'opération Citadelle ». Il est bien vrai que l'impossible fut fait pour gagner la bataille de Koursk.
operation citadelle en 1943
opération citadelle en 1943
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