Au sol et dans les airs... Une terrible bataille.

Les chars allemands ne sont pas passés.

Sur la ligne Orel-Koursk, la IX' armée allemande (général Model) commença sa' préparation d'artillerie à 4 h 30, avec 90 minutes de retard sur l'horaire prévu, puis de nombreux bombardiers décollèrent à 5 h 10. Sous cette couverture d'artillerie et d'aviation, les chars et l'infanterie passèrent à l'attaque sur un front de 40 kilomètres. Il était 5 h 30. L'action principale était dirigée contre la XIIIe armée russe (général Poukhov) et les XLVIIIe et LXXC armées à droite et à gauche de la précédente. Trois divisions de panzers et cinq d'infanterie furent alors jetées dans la bataille, tandis que la plus forte poussée avait lieu contre le flanc gauche de la XIII' armee, en direction d'Olkhovatka, où la défense était assurée par les 15e (colonel Djangava) et 81' (général Barinov) divisions de fusiliers.
Quelque 500 chars allemands attaquèrent sur l'axe de l'effort principal : des « Tigre n et des « Ferdinand n, par groupe de dix à quinze pour le premier échelon, des chars moyens en deuxième échelon, par groupes de cinquante à cent. L'infanterie suivait. Dans les airs, près de 300 bombardiers, par groupes de cinquante à cent, s'acharnaient en même temps sur la XIII' armée.
Le commandement soviétique affecta le gros de la XVIe armée aérienne (général Roudenko) à l'appui de la XIIIe armée. Ce fut, aussi bien au sol que dans les airs, une terrible bataille. Quatre fois les Allemands tentèrent de percer au cours de la journée. Quatre fois ils échouèrent. Les Russes se battaient avec une farouche résolution, s'accrochaient à chaque parcelle de terrain, tenaient le plus longtemps possible et passaient ensuite à leur tour à la contre-attaque. Au prix d'efforts démesurés et de très lourdes pertes, les Allemands parvinrent à enfoncer la ligne de défense principale de la XIIIe armée.
Au cours des combats des 5 et 6 juillet, ils avancèrent de dix kilomètres, mais ils avaient laissé sur le terrain 25 000 tués et blessés, 200 chars et canons automoteurs, plus de 200 avions et une bonne partie de leur artillerie et de leur matériel. De plus, presque tous les régiments allemands perdirent une grande partie de leurs officiers. Par exemple, le 195e régiment de la 78e division d'infanterie (23e corps) eut tous ses commandants de compagnie hors de combat en deux jours.
Après leur échec sur Olkhovatka, les Allemands décidèrent que leur objectif principal, le 7 juillet, serait constitué par Ponyri, à la jonction des voies ferrées de Koursk et d'Orel, et de durs combats ensanglantèrent le secteur. Les troupes soviétiques qui tenaient cette zone purent porter de rudes coups à l'ennemi au cours de son avance. Ce jour-là, les Allemands se lancèrent cinq fois à l'attaque et chaque fois furent repoussés par les troupes du général Yenchine (307e division de fusiliers) qui défendirent Ponyri avec un héroïsme comparable à celui dont firent preuve les équipages de chars, les artilleurs et les sapeurs qui minaient les routes au fur et à mesure de l'avance des blindés allemands. Au matin du 8 juillet, 300 chars ennemis environ, appuyés par des fantassins armés de mitraillettes, attaquèrent les positions tenues par le colonel Roukossouiev (3e brigade antichars).
Les artilleurs soviétiques n'ouvrirent le feu que lorsque les blindés ennemis furent à 700 mètres environ et en détruisirent dix-sept. Mais il ne restait plus qu'un seul canon et trois servants. Les Allemands accentuèrent leur pression ; bientôt, ils eurent perdu deux chars de plus et furent forcés de se retirer. Mais il n'y avait plus de batterie : les derniers survivants avaient été tués par un coup direct. Trois heures plus tard, les Allemands revenaient à l'assaut.
La situation était devenue si critique que le commandant de la brigade envoya ce message à l'armée : 1re et 7e batterie anéanties. Je fais donner mes dernières réserves. Demande instamment munitions. Nous tiendrons ou nous mourrons.
Dans cet engagement inégal, presque tout un régiment fut détruit, mais les chars allemands n'étaient pas passés !
Le 10 juillet. les Allemands avaient engagé la quasi-totalite de leur force d'attaque mais avaient échoué dans leur mission d'enfoncer le front soviétique et d'anéantir l'armée Rouge au nord de Koursk. Les chars et l'infanterie ennemis marquaient le pas et, ce faisant, subissaient des pertes considérables. Sur l'axe principal de leur attaque, ils n'avaient avancé que de dix kilomètres, et la IXe armée, ayant perdu près des deux tiers de ses chars, fut contrainte de passer à la défensive. Pendant ce temps, le front soviétique du Centre, une fois l'assaut ennemi brisé et Koursk dégagé par le nord, se préparait à la contre-attaque.
bataille de koursk en 1943
attaque allemande sur Koursk en 1943
bataille de Koursk en 1943
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