Des B29 aspirés vers le sol

Les B-29 se hâtèrent de quitter cette zone si dangereuse.

A mesure que l'incendie s'étendait et s'intensifiait, les bombardiers qui arrivaient au-dessus de l'objectif commencèrent à se trouver en difficulté. En effet, l'énorme chaleur de l'atmosphère au-dessus de la ville provoqua de véritables tourbillons dans lesquels les bombardiers se trouvèrent pris ; ils eurent beaucoup de mal à en sortir et plusieurs d'entre eux pensèrent que les fuselages n'y résisteraient pas. Au lieu de se préoccuper de la défense antiaérienne, les pilotes durent concentrer tous leurs efforts au maintien en l'air de leurs appareils terriblement secoués.
Certains B-29 furent en quelques secondes aspirés vers le sol, ou au contraire projetés comme fétus de paille vers le ciel. A bord de nombreux avions, des membres d'équipage, tombés les uns sur les autres, se traînaient sur les mains et sur les genoux dans la carlingue en criant, terrifiés : « Foutons le camp d'ici » Comme bien l'on pense, les B-29, aussitôt leur mission accomplie, se hâtèrent de quitter cette zone si dangereuse.
Beaucoup plus haut dans le ciel, un avion isolé tourna longtemps au-dessus de la capitale en feu. Il avait à son bord le général Tom Power, le chef d'état-major du général Curtis Le May. Désireux d'observer le plus longtemps possible les résultats du raid, Power continua de tourner au-dessus de l'effrayant spectacle : l'objectif indiqué aux équipages, et qui couvrait une grande partie de la capitale, était en train de périr sous ses ailes.
Tandis que des membres de l'équipage prenaient des photographies et dessinaient des croquis, Power rendit compte à Guam du succès complet de l'opération. Le May avait révolutionné la technique du bombardement aérien.
bombardier américains vers le japon en 1944
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