Premier raid incendiaire

A bord de chaque appareil plus de six tonnes de bombes.

L'objectif choisi pour le premier raid incendiaire d'importance fut Tokyo, dont on savait qu'il était terriblement défendu. On prépara une attaque de nuit, comptant bien que la D.C.A. ennemie serait déconcertée par l'altitude des bombardiers — entre 2 500 et 4 000 m. A cette altitude et pour la distance il n'était pas nécessaire d'emporter autant d'essence que d'habitude. Comme, en outre, on s'attendait à une assez faible réaction de la chasse de nuit, on gagnerait aussi sur le poids des armes et des munitions, enfin, on réduirait le nombre des membres de l'équipage. En conséquence, l'économie de poids réalisée allait permettre de charger à bord de chaque appareil plus de six tonnes de bombes.
En raison même de la vaste étendue de l'objectif formé par l'agglomération de Tokyo, il n'était plus nécessaire d'exiger la tenue d'une stricte formation derrière le leader, chaque avion pouvant bombarder individuellement. En même temps que Tokyo, furent choisies, pour cette première série d'expériences incendiaires, les villes de Nagoya, d'Osaka et de Kobé, chacune étant le siège de nombreuses industries. La destruction des petits ateliers périphériques qui servaient à alimenter les grandes usines allait obligatoirement compromettre le déroulement des chaînes d'assemblage dans les établissements plus importants. Il n'était pas exclu, non plus, a fortiori, que les grosses usines fussent touchées, elles aussi, dans le bombardement ni qu'elles fussent atteintes par la propagation du feu que LeMay comptait bien voir se développer dans chaque ville.
La bombe incendiaire M-69 pèse 2,700 kg. Un chargeur est composé de 38 bombes qui tombent en grappe. Les fusées furent réglées pour larguer les bombes à l'altitude de 1 500 mètres et les faire exploser au contact, laissant alors échapper un mélange de pétrole gélatinifié. Les B-29 emportaient 37 de ces chargeurs, les ailettes des fusées étant retenues par un câble que l'on retirait après le décollage. Pour que le feu se propageât, il était nécessaire qu'un certain vent soufflât au sol sur l'objectif.
préparation d'un raid sur Tokyo
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