Le 9 mars 1944... Objectif Tokyo

La lune se leva, et ses rayons argentés se reflétèrent dans les eaux de la baie de Tokyo.

Le 9 mars à l'aube, 1 300 moteurs se mirent à tourner ensemble, et bientôt 325 énormes B-29 rugirent dans la nuit, tandis qu'ils se dirigeaient lentement, l'un derrière l'autre, vers les pistes d'envol. Un à un, ils s'élevèrent dans le ciel. Le plan de vol ayant supprimé l'habituel lieu de rendez-vous avant l'attaque, tous les appareils se dirigèrent vers le nord, chacun pour soi, et gagnèrent de l'altitude à mesure qu'ils s'éloignaient de leur base.
Les douze premiers avions de chaque escadre avaient pour mission de « marquer » l'objectif en larguant leurs bombes incendiaires de manière à former un grand X sur la capitale. Des centaines de récipients remplis de magnésium, de napalm et de phosphore seraient ensuite déversés, prendraient feu, et en peu de temps la ville ne serait plus qu'un brasier.
La longue file des appareils poursuivit son chemin dans le ciel vers l'archipel nippon. En passant au-dessus de l'île de Chichi Jima, dans l'archipel des Bonins, l'armada aérienne fut saluée de quelques tirs d'artillerie, mais aucun avion ne fut touché. Dans l'obscurité, les B-29 se dirigèrent au radar, utilisant comme point de repère l'extrémité de la péninsule de Boso, au sud-est de Tokyo, et s'apprêtant à effectuer un virage à gauche pour arriver droit sur l'énorme masse humaine qui ne soupçonnait pas le danger.
A minuit, la plupart des lumières étaient éteintes dans les quartiers avoisinant la rivière Sumida, à plusieurs kilomètres au nord-est du palais impérial. La lune se leva, et ses rayons argentés se reflétèrent dans les eaux de la baie de Tokyo.
9 mars 1944... Objectif Tokyo
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