Les chasseurs allemands nous attendaient

Je n'avais jamais vu une telle concentration de chasseurs ...

chasseur de nuit allemand en 1943
Cette nuit-là, en tout cas, la Luftwaffe fit son apparition beaucoup plus tôt que d'habitude. Le sergent chef Ronald Gardner, de la 103e escadrille, s'en souvient en ces termes :
Les chasseurs nous attendaient tout de suite après la traversée de la côte, comme s'ils connaissaient déjà notre cible et notre route et ils étaient en force. Je n'avais jamais vu une telle concentration... Normalement, volant dans la vague de tête, nous étions rarement attaqués par les chasseurs avant d'avoir pénétré assez loin en France ou en Allemagne... Il leur fallait bien au moins une demi-heure pour arriver sur nous.
projecteur de DCA allemand
Mais ce n'était pas tout. Le contrôle allemand au sol utilisant d'habitude la radio parlée pour aider les chasseurs de nuit à atteindre leur cible, la R.A.F., de son côté, employait des émetteurs géants pour perturber leur longueur d'onde par des carillons, des cris, des fanfares, de longs discours de Hitler et de Göring et d'interminables passages tirés de Goethe. La plupart du temps, le résultat était positif, mais cette nuit-là, le brouillage n'eut pas les résultats attendus. D'ordinaire en effet, les Allemands changeaient leurs fréquences au hasard pour dérouter les « brouilleurs d'ondes », mais cette fois, comme le rapporte l'officier de transmission du Bomber Command, « l'ennemi faisait montre d'une subtilité inhabituelle car il semblait opérer ses changements d'ondes au moment précis où nous émettions ». Comment y étaient-ils parvenus ? Coïncidence... ou connaissance préalable du plan de transmissions de la force principale ?
Dernier élément enfin en défaveur des Alliés, les chasseurs de nuit allemands qui utilisaient aussi le radar pour les guider sur leur cible, étrennaient ce soir-là le dernier modèle sorti, le SN-2. Les Mosquitos d'escorte des bombardiers se trouvaient ainsi incapables de toucher l'ennemi, qui leur échappait aussi bien dans le ciel qu'au sol. Les chasseurs allemands avaient d'ailleurs déjà décollé de leurs bases à leur arrivée. La formation de bombardiers n'avait donc plus pour toute défense que ses propres mitrailleuses.
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