L'alerte aux avions à Nuremberg

Ils étaient avertis à l'avance que Nuremberg était l'objectif des bombardiers

Vers minuit 45, le premier Lancaster oblique en direction du sud-est, vers Nuremberg, distant maintenant de cent vingt kilomètres à peine, soit vingt minutes de vol. Ce changement de trajet semblait lui aussi avoir été prévu. Stumpff s'était en effet débrouillé pour envoyer de nouvelles escadrilles sur cette dernière section de parcours avant le largage des bombes. Il avait prévenu Nuremberg d'une alerte possible, et ceci peu avant minuit, donc soixante-quinze minutes avant le début de l'attaque, alors que la flotte de bombardiers était encore loin et aurait pu se diriger ailleurs par exemple vers Leipzig ou Dresde. Environ quarante minutes avant 1 h 10 du matin, heure prévue pour l'attaque, les sirènes retentirent. Et à minuit 38, c'était la Fliegeralarm, l'alerte aux avions. Une demi-heure exactement avant l'heure H. Il semble bien par conséquent que les Allemands avaient été avertis à l'avance que Nuremberg était l'objectif des bombardiers, car d'habitude, étant donné la tactique de la R.A.F., l'ennemi avait tout juste quelques minutes pour avertir les populations, ce qui n'était même pas toujours possible.
La formation qui approchait de Nuremberg ne comprenait plus désormais que six cent quarante-trois bombardiers, les pertes et les défaillances techniques ayant mis hors de combat un cinquième des avions ayant quitté l'Angleterre. Cependant, si tout allait bien, ces formes étaient encore assez importantes pour rayer la ville de la carte. De plus, les Pathfinders et les avions chargés de délimiter la cible étaient pratiquement intacts.
Mais au moment où les avions chargés de délimiter la cible atteignaient la ville, la couverture de nuages avait près de trois kilomètres d'épaisseur et recouvrait entièrement l'agglomération. Les fusées traçantes, les cascades rouges et vertes appelées « arbres de Noël », et les grandes fusées en forme de champignon, se perdaient dans l'épaisseur des nuages et devenaient invisibles aux canonniers pour ajuster leur tir. D'autres fusées, toutefois lancées par erreur, semblaient indiquer la zone de l'attaque. C'est donc dans ce périmètre que la force principale lâcha ses bombes. Il s'agissait d'installations industrielles qui subirent des dégats, mais le reste de la ville était à peine touché.
Commença alors le retour vers l'Angleterre. Les chasseurs de nuit allemands devaient retrouver encore assez de force pour atteindre et mettre hors de combat d'autres bombardiers. On ne sut jamais exactement combien, car si le vol de retour enregistra la perte de dix bombardiers lourds, certains d'entre eux avaient été endommagés avant d'atteindre leur cible, ou pendant l'attaque, au-dessus de la ville.
bombardier sur Nuremberg
lancaster au retour d'une mission
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